“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) envoûtant (60) ludique (60) poignant (60) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) orchestral (30) efficace (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) épique (11) Ambigu (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

mardi 3 janvier 2017

{archive} DAVID KAUFFMAN & ERIC CABOOR - Songs From Suicide Bridge (1984)





OOO
doux-amer, nocturne, fait main

post-folk

Dans la langue ultime convoquée par David Kauffman et Eric Caboor, le titre de l'album ne se réfère après tout qu'à ce pont qui traverse de Los Angeles à Pasadena, et qui porte le surnom charmant de 'pont des suicides'. De quoi chasser notre malaise. S'il est question d'un suicide, il est plutôt du point de vue de la carrière musicale de ces deux artistes donnant apparemment avec ces 55 minutes leur chant du cygne. Qu'on se rassure, ils ont persévéré, un peu. Leur démarche, conjurer leurs idées les plus franches, les relie à des groupes des années 1990 comme Nirvana. La voix de David Kauffman, se prête, par sa lenteur, aux atmosphères hantées, et ressemble à celle de Michael Stipe, de REM, sans qu'aucune boite à rythme ne propulse ce murmure. Cet album a été oublié à cause de la cadence ralentie qu'il nous impose.

Ce qui les démarque de façon troublante, c'est leur austérité electro-acoustique, parsemée de basse et de piano certes, mais presque sans trahir sa date d'enregistrement, 1983. Les guitares sont superbes, leur variété d'un morceau à l'autre démontrant l'intérêt qu'ont porté les deux musiciens au son naturellement amplifié de leurs instruments ce qui n'était peut être pas si répandu dans cette décennie. Et les paroles, autobiographiques, entre ironie, amertume, réalisent peu à peu une forme d'extrémisme. Life and Times on the Beach évoque les souvenirs personnels du chanteur, qui ne cherche pas tant à les faire voguer qu'à les faire sombrer superbement, commençant par ses meilleurs souvenirs de baseball avant de se décrire viré du collège et tentant de refaire sa vie à Los Angeles. « Ce dont j'ai besoin pour en finir est à portée de main », assène t-il tandis que s’agrainent le son d'un banjo. Puis, ressort qu'on jurerait déjà entendu ailleurs, dans une chanson lointainement échouée, le piano reprend, douloureux, et la chanson que l'on croyait si abruptement terminée retrouve sa route. 
Ce morceau comme le suivant, dépasse les huit minutes, mais on ne le ressent pas ainsi. 

Kauffman profite de ce supposé dernier round pour tacler la déchéance à l'oeuvre, moins en lui qu'autour de lui. C'est une constante dans cet album, dont le ton égal, renferme une colère froide, surtout dans le moments les plus mesurés. "The neighborhood begins to smell like death/Windows are fogging from a drunkard's breath/Junkies are shaking out of every tree/The dog next door don't wanna let them be" sur Neighboohood Blues, glaciale. 

Comme les meilleurs disques, Songs From Suicide Bridge vous incite à louvoyer dans le temps présent, une partie de vous complètement invisible, vouée à l'émotion intangible. La résolution de l'album n'a pas hâte d'arriver. C'est d'autant plus remarquable que le duo semble avoir tiré toutes les conclusions nécessaires avant d'enregistrer, et sait instaurer une forme de suspense à nous les divulguer à travers leurs trames de guitares nomades. Ils savent retrouver des sons d'au moins trente ans en arrière. Leur intensité à jouer souligne l'isolation et entre en résonance avec le sort de cet album oublié. Après la brève folie psychédélique de Where's is the Understanding ?, pas la meilleure conformation pour délivrer un message universel, Tinsel Town rive définitivement l'album à notre conscience, dans un son de guitare new wave évanescent qui porte l'empreinte non pas d'un sentiment, mais de sa disparition. Enfin, One More Day (You Will Fly Again) épilogue dans des tons proches de Nick Drake, et la candeur du duo est à rapprocher du jeune britannique. Lui ne s'est pas jeté d'un pont, mais c'est tout comme. 




1. Kiss Another Day Goodbye
2. Neighborhood Blues
3. Life Without Love
4. Angel Of Mercy
5. Life And Times On The Beach
6. Backwoods
7. Midnight Willie
8. Where's The Understanding
9. Tinsel Town
10. One More Day (You'll Fly Again)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...