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jeudi 14 février 2013

SILVIA PEREZ CRUZ et YASMIN LEVY - L'Alhambra le 7/2/2013



Yasmin Lévy

Silvia Perez Cruz

Venue défendre son cinquième album baptisé tout simplement Libertad (militant pour la liberté des femmes du monde, un message qui n’est pas du tout anodin quand on pense aux atrocités commises dans certains pays), Yasmin Levy aurait dû être triomphante. Son échec à conquérir une partie du public, et la fatigue peut-être, la rendront  étrangement bouleversante. Sa voix pleine d’accents d’affliction est mise au service de chansons qui débordent délibérément de romantisme égaré, de la nostalgie de ces voyages autour des reflets du soleil sur la mer, loin d’une communauté, d’une famille, d’une mère, d’un homme. Il n’y a pas d’endroit plus voluptueux pour le vague à l’âme que les chansons abruptes de Yasmin Levy. Abrupte, la chanteuse d’origine Israélienne l’est aussi avec elle-même. Elle s’excusera de ne pas être à la hauteur ce soir, de donner là son plus mauvais concert, avant de d’insuffler à la chanson suivante toute l’assurance et la langueur qui lui reste, manquant de justesse, et avec une grâce inattendue, de se retrouver complètement démunie face au public.
La voix de Yasmin Levy est parfois affectée, mais c’est une affection naturelle et non une parodie qui remettrait  en cause son honnêteté. La première chanson de son nouvel album est baptisée La Ultima Cancion, ‘la dernière chanson’ : « Adieu je dois partir/La solitude m‘attend/Je suis simplement venue dire au revoir/Je ne peux rester plus longtemps ». Une idée intéressante que de commencer par la fin. Levy est par excellence la chanteuse des fins de route, quand la nostalgie accumulée se mélange d’une allégresse à peine perceptible, provoquée par les résidus intacts de la passion éternellement renaissante. J’ai décidé d’acheter son album pour prolonger -  après avoir profité de sa présence un peu tragique sur scène - cette sensation que le tragique avait également une force capable de perdurer.   
L’orchestre de cordes d’Istanbul ajoute une emphase et infuse une chanson telle que Firuze des mystères de l’orient. En concert, piano, clarinette, violon ou contrebasse suggèrent un groupe klezmer qui aurait échoué sur la côte ouest européenne, absorbé dans son désir de conclure un voyage et la sensualité qui découle de ce sentiment. Les très beaux solos de clarinette de Amir Shahsar souligneront ces aspirations nostalgiques pour un retour aux gens que l’on aime. La magie du Ladino en chanson, c’est que cette langue cousine de l’Espagnol n’est pas tant une barrière à la compréhension que le récipient de sentiments suggestifs, qui paraîtront universels à qui est un tant soit peu sentimental.
J’avais assimilé Silvia Perez Cruz aux musiciens du parc Guell, ceux qui depuis les arcades organiques de ces jardins Barcelonais extraordinaires, vous plongent dans une rêverie. A Paris pour la première fois, en concert dans le cadre du festival de musiques du monde Au Fil des Voix, la jeune catalane a été spectaculaire, produisant une expérience qu’aucune religion ni spiritualité ne peut battre : devenant de toute la catalogne, de toute l’Espagne, celle qui à force de travail et de passion s’est relevée en princesse de l’émotion. Les inflexions de sa voix sont sans équivalent possible et son insistance à pousser ses chansons au-delà de l’imaginable – même lorsqu’elle nous demande d’imaginer l’exode républicain des espagnol vers la France, en 1939.
Elle avait dédié 11 de Noviembre, son disque, à son père musicien, récemment disparu, et avec qui elle entrainait de forts liens artistiques et spirituels. Ce disque constitué de ses propres compositions comme de reprises réarrangées d’airs Catalans qui l’ont hantée, prend la mesure de son ambition sans jamais atteindre la puissance  dont cette grande chanteuse, est capable en concert. « Je veux chanter ! » s’exclame t-elle avec humour, en français alors que les gens ne cessent de se bousculer pour trouver une place dans la salle au début du concert. Mais son impatience n'est pas aussi grande que la notre. Le fait qu’elle ait inventé des chansons pour une version espagnole et muette du conte Blanche Neige, Blancanieves (2012 ), et puisse les chanter ce soir a cappella de faon à laisse tout le monde bouche bée, donne une idée de ce qu’en termes d’audace artistique, elle est capable de supporter.  Les exemplaires de 11 de Noviembre présents sur le stand se vendront en cinq minutes.

2 commentaires:

  1. Bonjour Bertrand,
    Je me permets de vous contacter car j'aimerais vous envoyer des informations sur Mor Karbasi, une jeune chanteuse ladino qui se présente au Sunside en Octobre.
    Pourriez vous me communiquer votre adresse mail?
    Simon

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  2. Oui, merci ! alors c'est :
    redon@hotmail.fr

    A bientôt !

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