“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) ludique (60) poignant (60) envoûtant (59) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) efficace (29) orchestral (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) Ambigu (10) épique (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

Affichage des articles dont le libellé est Silvia Perez Cruz. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Silvia Perez Cruz. Afficher tous les articles

jeudi 14 février 2013

SILVIA PEREZ CRUZ et YASMIN LEVY - L'Alhambra le 7/2/2013



Yasmin Lévy

Silvia Perez Cruz

Venue défendre son cinquième album baptisé tout simplement Libertad (militant pour la liberté des femmes du monde, un message qui n’est pas du tout anodin quand on pense aux atrocités commises dans certains pays), Yasmin Levy aurait dû être triomphante. Son échec à conquérir une partie du public, et la fatigue peut-être, la rendront  étrangement bouleversante. Sa voix pleine d’accents d’affliction est mise au service de chansons qui débordent délibérément de romantisme égaré, de la nostalgie de ces voyages autour des reflets du soleil sur la mer, loin d’une communauté, d’une famille, d’une mère, d’un homme. Il n’y a pas d’endroit plus voluptueux pour le vague à l’âme que les chansons abruptes de Yasmin Levy. Abrupte, la chanteuse d’origine Israélienne l’est aussi avec elle-même. Elle s’excusera de ne pas être à la hauteur ce soir, de donner là son plus mauvais concert, avant de d’insuffler à la chanson suivante toute l’assurance et la langueur qui lui reste, manquant de justesse, et avec une grâce inattendue, de se retrouver complètement démunie face au public.
La voix de Yasmin Levy est parfois affectée, mais c’est une affection naturelle et non une parodie qui remettrait  en cause son honnêteté. La première chanson de son nouvel album est baptisée La Ultima Cancion, ‘la dernière chanson’ : « Adieu je dois partir/La solitude m‘attend/Je suis simplement venue dire au revoir/Je ne peux rester plus longtemps ». Une idée intéressante que de commencer par la fin. Levy est par excellence la chanteuse des fins de route, quand la nostalgie accumulée se mélange d’une allégresse à peine perceptible, provoquée par les résidus intacts de la passion éternellement renaissante. J’ai décidé d’acheter son album pour prolonger -  après avoir profité de sa présence un peu tragique sur scène - cette sensation que le tragique avait également une force capable de perdurer.   
L’orchestre de cordes d’Istanbul ajoute une emphase et infuse une chanson telle que Firuze des mystères de l’orient. En concert, piano, clarinette, violon ou contrebasse suggèrent un groupe klezmer qui aurait échoué sur la côte ouest européenne, absorbé dans son désir de conclure un voyage et la sensualité qui découle de ce sentiment. Les très beaux solos de clarinette de Amir Shahsar souligneront ces aspirations nostalgiques pour un retour aux gens que l’on aime. La magie du Ladino en chanson, c’est que cette langue cousine de l’Espagnol n’est pas tant une barrière à la compréhension que le récipient de sentiments suggestifs, qui paraîtront universels à qui est un tant soit peu sentimental.
J’avais assimilé Silvia Perez Cruz aux musiciens du parc Guell, ceux qui depuis les arcades organiques de ces jardins Barcelonais extraordinaires, vous plongent dans une rêverie. A Paris pour la première fois, en concert dans le cadre du festival de musiques du monde Au Fil des Voix, la jeune catalane a été spectaculaire, produisant une expérience qu’aucune religion ni spiritualité ne peut battre : devenant de toute la catalogne, de toute l’Espagne, celle qui à force de travail et de passion s’est relevée en princesse de l’émotion. Les inflexions de sa voix sont sans équivalent possible et son insistance à pousser ses chansons au-delà de l’imaginable – même lorsqu’elle nous demande d’imaginer l’exode républicain des espagnol vers la France, en 1939.
Elle avait dédié 11 de Noviembre, son disque, à son père musicien, récemment disparu, et avec qui elle entrainait de forts liens artistiques et spirituels. Ce disque constitué de ses propres compositions comme de reprises réarrangées d’airs Catalans qui l’ont hantée, prend la mesure de son ambition sans jamais atteindre la puissance  dont cette grande chanteuse, est capable en concert. « Je veux chanter ! » s’exclame t-elle avec humour, en français alors que les gens ne cessent de se bousculer pour trouver une place dans la salle au début du concert. Mais son impatience n'est pas aussi grande que la notre. Le fait qu’elle ait inventé des chansons pour une version espagnole et muette du conte Blanche Neige, Blancanieves (2012 ), et puisse les chanter ce soir a cappella de faon à laisse tout le monde bouche bée, donne une idée de ce qu’en termes d’audace artistique, elle est capable de supporter.  Les exemplaires de 11 de Noviembre présents sur le stand se vendront en cinq minutes.

vendredi 21 décembre 2012

Best of 2012 - 2 ème rang albums #4 à #7

 
Matt Elliott - The Broken Man
 
Les chansons sur cet album extrême sont austères mais denses d’une lucidité musicale, d’une inspiration qui leur donne un aspect grandiose. Démarrant souvent sous le joug d’une guitare hispanisante au jeu complexe, elles s’affirment avec un dessein extrêmement méticuleux et une sagesse à toute épreuve. Les suites qui constituent la première face du vinyle démontrent le pouvoir et la détermination de Matt Elliott à l’œuvre pour exprimer avec largesse les sentiments de regret et de solitude dans leurs infinies variations. Dust, Flesh and Bones démarre comme une lamentation nue, évoquant Leonard Cohen, et s’oriente en volutes autour d’une phrase répétée, conjurant toute la conviction de d’Elliott envers sa propre sagesse affective. La chanson décolle lentement de terre, prend un tour presque effrayant avec ses chœurs murés, le son d’une cloche lointaine contribuant aussi à la sensation d’un vide immense qui s’ouvre de plus en plus sous nos pieds.
 
 
 
Neurosis - Honor Found in Decay
 
Par rapport à leur précédent disque, Honor Found in Decay semble retrouver une linéarité plus séduisante pour l’auditeur. Il retient l’agressivité, le sens apocalyptique propre au groupe tout créant l'agréable sensation d’être porté au cœur de la musique. Dès We all Rage in Gold, c’est toute l’essence de Neurosis qui est rendue saisissante par la clarté de sa mise en œuvre, sa présentation directe et sincère. Rien que la façon dont est introduite la première phrase, « “I walk into the water/To wash the blood from my feet », et dont se déploient en quelques minutes certains des couplets les plus denses de l’album, résume une approche rassérénée de leur musique et de leur message par Neurosis. At the Well est l'une des meilleures chansons de Neurosis, un tableau qui dans l'équilibre et le tournoiement de riffs et de sons enregistrés sans transformation ultérieure, donne au groupe toute l'essence capable de le faire durer encore. « In a shadow world » entonent Scott Kelly et Steve Von Till de leurs voix gutturales. Une voix presque subliminale termine : « We are your light ».
 
 
Chris Smither - Hundred Dollar Valentine
 
Chris Smither n’a pas besoin de rappeler constamment qu’il est en train de jouer le blues. Sa voix et son jeu de guitare en finger-picking, élégant et délicat sont les meilleures garanties de son inspiration. Empruntes de tranquillité et de bienveillance, ses chansons évitent pourtant la redite, certaines dégageant au prime abord une tristesse simple et intense – On the Edge, I Feel the Same, Feeling by Degrees –, mais avec, elle leur centre, le rythme marqué par un tapement de pied, comme un battement de cœur. D’autres vous ravissant plus tard parce qu’elle sont entraînantes et et amusantes jusque dans leur gravité même.
Un album qui nous ramène à une ère où la musique était ressentie au fond du cœur, et dans des régions américaines où il n’y avait rien de tel que des genres musicaux, mais où les interprètes solitaires pouvaient tremper dans le blues de Lightning Hopkins et Mississippi John Hurt, s’inspirer de Randy Newman et reprendre en chemin Tulane de Chuck Berry, Rock and Roll Doctor de Little Feat ou Desolation Row de Bob Dylan, faisant preuve de foi, de sincérité et d’humilité.
 
 

Silvia Perez Cruz - 11 de Noviembre
 
Au parc Güell, à Barcelone, s'ouvrent à vous deux réalités : celle qui comprend le flot de touristes se prenant en photo devant les jolies bordures en mosaïque, et celle des artistes musicens, guitaristes flamenco et autres, flanqués dans les allées bordées de pilliers organiques et de corniches artificielles. On retrouve dans cet album mélancolique et sensuel le genre d'intimité fugace établie là bas, ainsi que le souvenir de l'air chaud, pour un début du mois de janvier, sur notre peau. Ecouter 11 de Noviembre, premier album d'un petit prodige habituée aux collaborations, c'est comme partager un moment privilégié de félicité, à l'écart de la foule. On se laisse porter par la voix, polyglotte, aux modulations fragiles de la chanteuse catalane, ses vocalises jazz (sur Dias de Paso), la beauté de certains arrangements de cuivre (Pare Meu, Covava L'ou de la Mort Blanca), le sentiment d'isolation intense qui parcourt Diluvio Universal et les choeurs de Iglesias, Meu Menino ou O Meu Ammor e Gloria. Enfin, brille une guitare empruntée au folk anglais aussi bien qu'à la habanerra, une musique cubaine traditionellement reprise par les catalans, un style dont le père de Sivia Perez Cruz, récemment disparu, était l'un des grands artisans. Mille et un détails font de cet album un joyau.


vendredi 7 décembre 2012

Silvia Perez Cruz - 11 de Noviembre (2012)

 



Entre jazz, folk, musique cubaine...

Retrouvez bientôt la compte-rendu du concert du 7 février à l'Alhambra (Paris)
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...