“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”
James Vincent MCMORROW
Qualités de la musique
soigné
(81)
intense
(77)
groovy
(71)
Doux-amer
(61)
ludique
(60)
poignant
(60)
envoûtant
(59)
entraînant
(55)
original
(53)
élégant
(50)
communicatif
(49)
audacieux
(48)
lyrique
(48)
onirique
(48)
sombre
(48)
pénétrant
(47)
sensible
(47)
apaisé
(46)
lucide
(44)
attachant
(43)
hypnotique
(43)
vintage
(43)
engagé
(38)
Romantique
(31)
intemporel
(31)
Expérimental
(30)
frais
(30)
intimiste
(30)
efficace
(29)
orchestral
(29)
rugueux
(29)
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(29)
contemplatif
(26)
fait main
(26)
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(25)
nocturne
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(23)
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(23)
puissant
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(18)
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heureux
(11)
Ambigu
(10)
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(10)
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(8)
naturel
(5)
Genres de musique
Folk
(118)
Pop
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Rock alternatif
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Americana
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Psychédélique
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(39)
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(31)
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vendredi 8 mai 2015
mercredi 18 juin 2014
DEATH GRIPS - Niggas on the Moon (2014)
O
expérimental, extravagant
Hip-hop
C'est Gil Scott Heron qui disait que pendant que les américains envoyaient des blancs sur la lune, ils laissaient les noirs mourir de la drogue dans leurs ghettos. A part le titre de cet album, rien de commun entre l'icone soul et la musique désintégrée et novatrice du trio, qui réunit surtout l'un des chanteurs hip-hop les plus immédiatement reconnaissables, Stefan Burnett ou MC Ride, et l'un des batteurs les plus précis du rock doublé d'un dissimulateur hors pair. Death Grips est continue d'être impossible à définir, à cerner, à part pour l'agression quasi gratuite qui le fait ressembler au hip hop le plus violent. Leur collaboraton avec Björk 'sur huit morceaux' a été vantée, ils ont en réalité rendu sa voix presque méconnaissable pour en faire une autre pièce de leur musique de prestidigitateur des ghettos. Depuis trois ans qu'ils paradent sur internet en offrant leurs albums gratuitement, ils n'avaient pas produit un album (qui est annoncé comme la moitié d'un album à paraître) aussi ramassé, ce qui porte les slogans hargneux de Burnett à frapper quand on arrive à la troisième écoute. Ils ont réussi à rendre addictifs même les sons et les phrases les plus létales, viscérales, multipliant les indices qui laissent présager que ce n'est encore qu'un coup de sang. Mais double album et gros label signifient qu'il faudra se retourner et vraiment les juger sur ce qu'il en restera.
jeudi 12 janvier 2012
Björk - Universal Applicant (2)
Saltimbanque contemporaine ?
Sons
BJÖRK DÉTESTE LA TIÉDEUR ET LE ROCK À GUITARE. Il lui faut du bouillant, du fusionnel. D’où les beats électroniques, les plus à même de provoquer la rugosité, de susciter accidents, contacts, chocs électriques.
« En 1996, j’étais dans un endroit très spécial avec ma musique – je n’écoutais que des beats. En partie parce que j’étais à Londres. Quand j’entrais dans un Rough Trade, 80 % de la musique était basée sur des beats : drum and bass, dubstep, two-step, techno, hardcore trance. »
Elle ne sera jamais plus inspirée, cependant, qu’en décidant de s’adjoindre les services du duo californien Matmos (le point d’orgue d’une longue série de collaborations instrumentales et vocales), pour la première fois sur Vespertine et jusqu’à aujourd’hui. Constitué de MC Schmidt et Drew Daniel, c’est la panacée de l’imagination musicale, avec l’utilisation, sous formes d’échantillons électroniques, d’une multitude de sons, dont certains pour le moins organiques. Instruments chirurgicaux, squelette, gants en latex, cheveux, pages de livres, sel, etc. Visionner le concert At the Opera House (2002), suffit à se convaincre que c’est le mariage artistique parfait. Qui suscite en temps réels des sons pénétrants, étouffés, des rythmes syncopés, qui mélange un paquet de cartes sous le micro ou piétine une neige de synthèse pour en tirer les craquements de l’hiver pour Aurora (Vespertine). Superbe performance entre musique de synthèse et musique concrète qui traduit le dédain de Björk pour les méthodes de composition traditionnelles. « Je n’ai jamais écrit au piano ou à la guitare. J’ai toujours senti que quand vous les utilisiez, vous finissiez par écrire les mêmes chansons que tout le monde.»
Technologie
« CROIS-LE OU NON, JE SUIS ASSEZ MALADROITE avec la technologie », déclare notamment Björk en 2011, afin d’expliquer son attirance pour les Ipads ‘intuitifs’. Elle se mettra pourtant à utiliser un ordinateur pour composer dès l’année 2000, tout comme Thom Yorke, un ami, qui avec son groupe Radiohead va laisser les ordinateurs portables prendre le pas sur les instruments pour enregistrer Kid A (2000) et Amnesiac (2001).
« Vespertine, c’était lorsque je pouvais passer trois mois à faire ces arrangements comme des points à l’aiguille. C’est tellement de détails, et l’ordinateur m’a donné plus d’indépendance. » « A cette période, tout le monde se lamentait en disant que les ordinateurs allaient geler mon talent. J’ai essayé de susciter cette respiration, ce monde d’hibernation et d’hiver ou tout est de toute façon saisi par le froid. J’ai essayé d’utiliser ces sons comme chose poétique ; j’ai essayé de travailler autour de l’outil.»
Depuis que l’ordinateur est devenu la nouvelle norme dans l’univers musical, Björk s’est mise à créer des instruments, à partir de tiges de bambou, de cordes et de tuyaux d’orgues achetés sur Ebay. Même si les voix sont le plus intéressant sur Biophilia, le travail sur ces nouveaux instruments parfois semi-autonomes (un peu comme la boîte à musique sur Pagan Poetry, Vespertine) souligne la volonté de l’artiste de susciter, stimuler, provoquer, et sa fascination pour les mécanismes, qu’ils soient naturels ou artificiels.
Emotion
« LA PLUPART DES GENS TRAITENT LA TECHNO comme s’il s’agissait d’une chose inconnue, venant d’une autre planète. Comme s’il s’agissait de quelque chose de froid, qui ne faisait pas partie de notre corps. Pour moi, la pop actuelle marche dans la rue, entend les alarmes des voitures, les bruits des fax, le vent, le soleil, les voix… Elle prend uniquement une série de risques, et réalise ensuite une magie bien à elle. Voici ce qu’est pour moi la pop music… » L’émotion est pour Björk une chose concrète. Comme l’intimité naît des détails de la vie quotidienne, de la sphère domestique ou de la poésie naturelle de l’âme, la musique pop doit savoir capter l’émotion alentour et la restituer. Ce n’est pas la répétition de schémas musicaux établis mais la recherche en temps réel d’une vibration, d’un son de la vie courante. C’est difficile de dire ce qui, de l’émotion ou des sons, naîtra en premier dans la musique de Björk, et lequel des deux est structuré autour de l’autre. Pour accueillir plus ouvertement un big-bang de matière émotionnelle, Björk a toujours semblé théoriser ce qui provoque une émotion. « Et ils disent qu’à l’origine notre univers/N’était pas jusqu’à un bruit soudain/Et furent la lumière, le son, la matière/Et devinrent le monde que nous connaissons” (Cosmogony sur Biophilia). La matière provoque l’émotion. Elle travaille cette matière pour mieux la réemployer, de manière instinctive.
Peut-on parler de chaleur humaine dans Biophilia ? Si la musique est chaleureuse, c’est la chaleur d’un corps vu de l’intérieur, dont on observe l’acheminement des globules et le développement des cellules.
L’émotion, c’est aussi une voix. Pour Björk, celle d’Ella Fitzgerald, par exemple. C’est un élément simple, naturel, humain qui se révèle le plus efficace. Le corps, par lequel passe tout le cosmos, et qui provoque ses propres créations, demeure humblement un instrument à cordes. « J’ai commencé à chanter avec mon corps entier, se souvient Björk. A la fin, les ingénieurs du son utilisaient les micros dont ils se servent pour enregistrer les contrebasses. Ils utilisaient mon corps comme une contrebasse»… Et ainsi, tout peut être transformé, utilisé du point de vue naturel.
A travers les vibrations sonores, les frémisssements émotionnels, Björk donne au naturel la voix qu’elle croit la plus sincère.
"Quand tu te couches, si ta journée s’est bien passée, c’est que tu as bien jonglé."
Interaction
« J’AIME LA MUSIQUE, TOUTES LES MUSIQUES, et cela me passionne d’établir des correspondances entre celles-ci. Par exemple, si j’écoute Jimi Hendrix, je peux trouver des correspondances avec le jazz. De même, si j’écoutes Miles Davis, j’établirais des liens avec Igor Stravinski par exemple, et ainsi de suite. Dénicher toutes ces liaisons m’intéresse. »
On pourrait dire la même chose de la musique de Björk en ce qui concerne les liens entre les femmes et les hommes, et ce depuis son éclatant début en solo avec Human Behaviour. Elle y décrivait l’attirance spontanée des êtres les uns pour les autres : « Il n’y a pas de logique/au comportement humain/pourtant si irrésistible».
Le contact émerveillé de l’artiste au monde extérieur devient ce qu’elle garde serré contre elle et ce qu’elle va choisir d’offrir. Ces deux types de possessions finnissent par se mélanger. « Devrais-je me préserver pour plus tard ou donner généreusement ? » s’interroge t-elle sur Innocence (Volta). « C’est la vie de toute façon. Ta grand-mère t’appelle pour dire qu’elle est malade, et juste après tu mets du rouge à lèvres pour aller voir ton petit copain. Il faut jongler avec tous ces éléments pour qu’ils s’imbriquent. Quand tu te couches, si ta journée s’est bien passée, c’est que tu as bien jonglé. Tout cela est contradictoire, mais il faut ça pour que la musique devienne plus réelle, moins isolée de la vie. Il doit y avoir un brin de lâcheté, aussi : pour la première fois de ma vie avec cet album, je me suis efforcée de créer un cocon. J’ai toujours été cette punk qui voulait que tout soit très vrai, très brut. Cette fois, cet album doit être un paradis dans lequel on peut s’échapper. ». Elle s’exprimera ainsi à la parution de Vespertine, au moment de se retirer pour laisser chacun s’identifier et agir avec sa propre expérience sur ce qu’elle a créé.
La musique de Björk est aussi, parfois, la plus vivante et vorace, à tel point qu’il est difficile d’imaginer qu’elle puisse confier son amour à une seule personne. Les chansons d’amour sont nombreuses dans son répertoire, mais leurs cibles ne sont pas toujours une personne en particulier, et vont au-delà des personnes.
Les amants sont capables de se rapprocher, dans un désir mutuel, avec la force de plaques tectoniques (Mutual Core, Biophilia).
Elle pacifiela relation à la musique, le rapport entre le musicien et l’auditeur. « Si tu pleures/Défais-toi/Si tu transpires/Défais toi/Si tu saignes/Défais-toi, défais-toi. » Elle appelle aussi à se « déplier de manière généreuse».
Pédagogie
« QUAND J’ÉTAIS À L’ÉCOLE DE MUSIQUE ENFANT, j’étais frustrée parce qu’elle donnait tellement d’importance aux choses académiques. ‘Prends ton instrument, répètes pendant quinze ans et tu vas peut être être chanceuse et rejoindre un orchestre.’ Mais quand les enfants entre cinq et sept font ces dessins qu’on veut tous les encadrer. Imaginez que ces enfants écrivent des chansons? Elles seraient incroyables. » A la sortie de Biophilia, Björk a comme projet de monter une école de musique en Islande. Un endroit dont chaque pièce serait une chanson – de l’eau coulant dans l’une, un éclair électrique jouant une ligne de basse dans l’autre, chaque élément jouant une note de la gamme. Un projet fou mais qui laisse imaginer l’étendue des possibilités, une fois que les personnes, et les enfants en particulier, ont appris à interragir avec la musique. C’est chacun qui peut laisser libre cours à son imagination. En inventant des instruments qui n’existaient pas, c’est ce que Björk a fait pour elle-même, montrant l’exemple.
Björk fait une musique descriptive, accessible, didactique. L’artiste s’articule avec la donneuse passionnée, deux fois mère. Trouver de nouvelles façons d’enseigner des matières non musicales au sens strict est un défi pour les artistes dans le futur proche. Le DIY (« Do it yourself ») en 2011, ce n’est plus confronter les personnes à des vérités qu’ils ne veulent entendre, mais leur proposer un apprentissage. « Ecoute, apprends et crée… Nous sommes sur la brèche d’une révolution », conclut Sir David Attenborough, rédacteur scientifique, chercheur naturaliste et ami de longue date de Björk.
mercredi 26 octobre 2011
Björk - Universal Applicant : Compilation 2001-2011
Pochette du simple Who is It.
01 - Cosmogony
Avec ses voix cosmiques et son thème cinématique, c’est un beau morceau pour entrer dans l’œuvre de Björk. L’impression qu’il s’agit d’une introduction à son univers est renforcée par les paroles teintées d’une nouvelle naïveté, d’un plaisir de découverte : « Heaven, heaven's bodies/Whirl around me/Make me wonder ». Les histoires orales de la création du monde s’écrivent en chanson, lorsqu’il est question d’un œuf noir, d’un dieu enfermé brisant sa coquille, et d’un renard d’argent à l’origine du monde, et enfin du big-bang. A ne pas négliger : quand le renard fabrique le monde en chantant et dansant dans les paroles de Cosmogony, il met la musique au centre de la création.
02 - Mouth’s Cradle
Le berceau de la bouche, littéralement. La bouche de Razhel (du groupe The Roots), par exemple, qui enchante les programmations d’une pincée de hip-hop tribal. Une chanson astucieuse, délirante et entêtante, avec l’appui remarquable de l’Icelandic Choir. Le sens de cette chanson reste obscur et cela fait partie de son charme. « Habituellement, je retravaille les paroles, mais cette fois j’ai décidé de les laisser comme ça. »
03 - Hollow
Une expérience particulièrement riche et importante au sein de Biophilia. Musicalement, on se rapproche de la musique contemporaine ou jazz, avec un orgue dramatique, « le plus grand et le plus puissant des instruments acoustiques ». Björk reconnaît par ailleurs avoir beaucoup écouté les œuvres pour orgue de Messiaen (compositeur contemporain français, 1908-1992). En couplant l’instrument aux chants entrecoupés d’une chorale, c’est un trame fantomatique, aux rythmes étranges, qui sert de fond sonore à une valse de molécules. C’est l’exploration de l’héritage génétique en chacun de nous. Grâce à la proposition de National Geographic d’analyser son ADN, la chanteuse nous dit précisément d’où elle vient (http://www.bjork.fr/Hollow), et continue ainsi se définir dans ses moindres détails sous nos yeux, au fil des albums et des chansons.
04 – Pagan Poetry (live)
Une chanson accrocheuse, notamment grâce à sa ligne de basse. Les chœurs sont mis en valeur sur cette version live, présente sur le disque Voltaïc (2008) qui capturait la tournée de Volta. C’est l’occasion pour Björk de travailler une composition autour d’une boite à musique, ce qui donne au morceau son cachet et le rend pareil à nul autre. Ne pas oublier que la chanteuse répugne de refaire deux fois la même chose, et elle le prouve. La chanson se finit par un mantra haletant : « I love him ».
05 - Who Is It
Deuxième extrait tiré de Medulla. Morceau d’abord prévu pour figurer sur Vespertine. Le chanteur Razhel se démarque par ses rythmes vocaux, qu’il a enregistrés en une seule prise. Une chanson simple en apparence, avec son refrain enjoué, et pourtant les sentiments qu’elle véhicule sont complexes, Björk tiraillée entre ses déconvenues émotionnelles et l’appel de plus de légèreté chanson. Pour tous les musiciens et les programmeurs – le duo Matmos, Mark Bell (ex Soft Cell) - c’est un tour de force qui traduit le grand talent de Bjork pour la mise en son.
06 - Desired Constellation
Une chanson très épurée et reposante, l’une des plus chargées d’émotion dans le répertoire de Björk. Le Islandic Choir ajoute une majesté discrète à cette humble interrogation : « How I’m gonna make it right ? »
07 – Earth Intruders (live)
Une capture du morceau en live, plus ramassée et concise que la version studio. Une belle performance vocale de la chanteuse, et un refrain martial, voire tribal, parfait pour ouvrir Volta, ce disque qui se réclame fenêtre des tribus du monde. Elle est issue d’un rêve chaotique et le résultat final n’est pas de tout repos, ne fait sens que du rêve agité dans lequel un tsunami de vaudous haïtiens engloutit le transatlantique sur lequel se trouve la chanteuse et les côtes américaines. L’heure est à l’urgence, à l’impatience, et les sonorités déployées en barrage par une formation congolaise, Konono n°1, sont tout à fait impressionnantes.
08 – It’s Not Up to You
Un morceau qui mêle beats électroniques et envolées de cordes de façon parfaite, structuré autour d’un refrain fédérateur, très méticuleusement construit. Ou y trouve entre autres Zeena Parkins, la talentueuse harpiste qui appliqua sur Vespertine des méthodes de collaboration propres à l’univers inventif du jazz. « Ce n’est pas difficile du tout d’entrer dans son univers, car il est très accueillant, parfaitement hospitalier. », remarquera Parkins de son travail avec Björk. Le ton est optimiste et le refrain un peu comédie musicale prête la chanteuse à esquisser un sourire de contentement lorsqu’elle l’interprète en concert.
09 - Oceania
Une quatrième extrait de Medulla. Titre spécialement composé pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2004. Björk y a fait appel à un chœur anglais composé de 16 femmes pour reproduire le son charmeur et strident des sirènes. On y entend Robert Wyatt et Shlomo, un chanteur de beat-boxing, que Björk décrivit comme nouvel espoir de la scène hip-hop. Ceux-ci, et d’autres intervenants comme la chanteuse Kelis, qui « prit le rôle de l’océan » dans ses propres couplets, font d’Oceania une expérience résolument neuve et excitante.
10 - Crystalline
On y entend le gameleste, mélange de gamelan (percussions javanaises) et de célesta, et le refrain est entêtant. Mais ce sont les paroles qui se démarquent. Lorsque Björk évoque l’aspect géométrique de son écriture, elle pense à des volumes, à des pierre précieuses aux multiples facettes. Dans son œuvre, l’émotion est toujours visuelle et tactile, et faire rimer hearts avec quartz a quelque chose d’enchanteur et de profondément personnel. Plus loin, en un couplet, elle semble résumer ses préoccupations avec Biophilia : « Octagon, polygon/Pipes up an organ/Sonic branches/Murmuring drone/Crystallizing galaxies/Spread out like my fingers ».
11 – Undo
Amené par ses chœurs répétant « Ca ne doit pas être une lutte», Björk nous invite à s’ouvrir, à donner, à se défaire de ses tourments avec délicatesse, dans une ambiance riche d’atmosphères. « Je prie pour rester généreuse/la gentillesse même », chante t-elle. Les arrangements de cordes de Vince Mendoza, ainsi que les chœurs sur la deuxième partie du morceau, sont parmi les plus beaux du répertoire de Björk.
12 – Innocence
Un titre compressé, nerveux, ou l’on se sent comme recraché par un souffle humain trituré par le producteur Timbaland. La collaboration entre le producteur hip-hop du moment et Björk n’est pas passée inaperçue. Ou comment placer dans la lignée des Nelly Furtado, Missy Elliott et autres Justin Timberlake une chanson bien « macho » (selon ses propres mots) de Björk. La formation Konono n°1 est de retour, propulsant le morceau à un niveau d’assurance et de tension qui répond à ce que Björk appelle les « délices de la peur ». On bascule un temps dans la torpeur avant de revenir à l’exagération, à la brutalité. « J’étais innocente/je le suis toujours/Mais dans des endroits différents.”
13 – All is Full of Love (Bonus track)
Une version live. L’une des chansons qui définissent les contours du répertoire de Björk. Comme une rédemption, un soulagement, en fin d’album dans sa version d’origine, après le morbide Pluto sur Homogenic. « Dans la mythologie islandaise, vous avez cette saga où les dieux deviennent agressifs et le monde explose et tout meurt, puis le soleil réapparaît et la vie recommence. » Le refrain qui explose soudain provoque un feu d’artifice d’émotion, sans équivalent dans le répertoire de la chanteuse. Le morceau est parfois introduit par l’orchestre Islandais lui-même.
mercredi 19 octobre 2011
Björk - Universal Applicant (1)
« Tied up in a boat and kicked off to sea
In tight baby binding technique
My arm chews through the swaddling slings
There's a flare gun in my hand
I point it straight and point it high
To the universe it applies”
Bill Callahan, Universal Applicant
Face à l’industrie musicale monolithique, l’icône populaire d’origine islandaise Björk a voulu son propre monolithe de connaissance. L’énigmatique bloc rectangulaire noir du chef-d’oeuvre de Kubrick, 2001, l’Odyssee de l’Espace donnait aux hommes qui l’approchaient de soudaines vagues de savoir, et les projetaient dans un avenir de plus en plus intense.
Le tout aussi tactile Biophilia synthétise les dimensions qui font de la chanteuse d’origine islandaise une artiste hors du commun ; sincérité, capacité de se fier à son instinct, démarche participative plus jazz que rock dans un univers mélodique proche de la pop. Sa musique penche entre deux dimensions modulables à l’infini ; l’intérieur, l’intimité et l’extérieur, les individus. Et il semble que plus Björk étudie ces dimensions, et plus elles se confondent au sein de la nature, une force omnipotente qu’elle n’a jamais besoin de mystifier.
Ces dix dernières années, Björk a écrit et enregistré quatre albums, parus régulièrement : Vespertine (2001), Medúlla (2004), Volta (2007) et Biophilia (2011). C’est donc pour les dix ans de l’excellent Vespertine qu’apparaît Biophilia, un nouveau disque subtil, largement commenté, qui se veut projet interactif, média autonome, ensemble d’applications pour l’ipad. Une expérience pourtant moins surprenante quand l’on se rend compte que les principes qui la sous-tendent sont les mêmes qui parcourent l’œuvre de Björk depuis le début du XXIème siècle.
Après un Homogenic (1997) cathartique et son rôle tout en émotion dans Dancer in the Dark (1999), de Lars Von Trier, c’est sans surprise que le nouveau disque de Björk sera une rupture de ton. S’il est difficile de dire le travail de Björk influencé par l’industrie musicale, c’est encore plus vrai avec Vespertine, cajoleur et feutré, composé du bout du doigt, et Medúlla, un disque fait presque uniquement de voix – mais quelles voix!. C’est en 2000 que commence pour elle une nouvelle ère, dans une « année intéressante », selon ses mots. De nouvelles dimensions, sonores, visuelles et humaines, se mettent alors en place, qui lient entre eux les quatre albums de la nouvelle décennie dans un grand mouvement commun. Björk dirait cosmique.
Mots
UNE PHRASE, DANS MUTUAL CORE (BIOPHILIA) : “Can you hear the effort of the mutual strife ?” sonne superbement. On trouvait déjà ‘strife’, lutte, répété en mantra par un cœur inuit sur Undo: « It’s not meant to be a strife ». Björk s’approprie tous les mots, leur donne relief et rugosité. Son accent islandais lui fait rouler les r, parfois exagérément, comme dans un élan de compassion pour sa langue maternelle. « J’ai très vite compris que je pouvais être à la fois islandaise et internationale, se souvient Bjork en évoquant son déménagement à Londres en 1993. En fait, je fais en deux jours à Londres ce qui me prendrait des mois en Islande. C’est pour cette raison que je préfère de loin rester à Londres, avec des amis chers ». Medúlla contenait quelques chansons en islandais, qui est une langue parfaite pour ce que Björk souhaite exprimer de fierté, de différence ; mais, passant de plus en plus de temps à New York ou à Londres, elle a de son propre aveu laissé le pays de côté. « J’ai réalisé que ma fille [Isadora, née en 2002] ne connaissait pas certaines chansons pour enfants Islandaises », confiera t-elle à la fin du long processus créatif pour Biophilia à Puerto Rico.
D’autres évènements la rappelèrent chez elle auparavant : la crise environnementale suscitée par la construction d’un barrage pour alimenter une usine d’aluminium (un barrage que l’on voit bien dans le documentaire de Sigur Ros, Heima, 2008) qui risquait d’ouvrir la voie à de futures chantiers propres à défigurer l’île, petite et fragile. « Je n’ai jamais cru que je deviendrais environnementaliste », remarquera t-elle. Mais à la suite de cet affront de l’industrie, elle travailla pendant trois ans pour protéger son territoire. Puis il y eut la crise financière, terrible en Islande. A ce moment, Björk veut faire de Biophilia, sur lequel elle travaille déjà, un projet réparateur.
Voix
EN AOÛT 2010, BJORK REMPORTE le Polar Music Prize, après Paul McCartney ou Pierre Boulez. Pourtant, derrière la scène, la carrière de Björk est dans l’impasse. « Quand j’ai découvert que j’avais des nodules dans la voix », dit t-elle, « Je ne savais pas si j’allais pouvoir chanter de nouveau, ou du moins, comme j’avais l’habitude le faire. Je ne voulais pas être opérée, alors j’ai vu tous ces experts et j’ai commencé un processus, des exercices qui font lentement travailler les cordes vocales. » Sa profusion vocale scénique aura-t-elle eu raison de son instrument favori ? Biophilia, une étude par voie de science et d’histoire naturelle des traditions orales, prouve que non.
« Plusieurs choses m’ont forcée à tout mettre sur la table et à me demander : « Ok, qu’est-ce qui marche, et qu’est-ce qui ne marche pas ? » Parmi les composantes les plus remarquables que Björk a choisies de garder et de valoriser avec toujours plus de finesse sur Biophilia sont les voix. Medúlla était l’expérience d’utiliser toutes sortes de voix, de sons élastiques ; des ouuh, des aaah des grrr, des wiiizzzz, des rythmes de beat-boxing mis en musique, en s’affranchissant des thèmes répétitifs de la pop pour multiplier les nuances. Pleasure is All Mine, Vokuro ou Submarine sont l’impression qu’en donnant une musique faire de chair et de sang, de gorges déployées, on brise les derniers remparts d’intimité d’une artiste qui semble avoir déjà tout donné. Au moment de Medúlla, il nous semble connaître de la chanteuse dans ses moindres détails. Qu’elle a des poumons plus grands que la moyenne, par exemple.
C’est cela, sa véritable force ; ne jamais s’en remettre à ce qu’elle peut évoquer, par ses origines, par son sexe – on peut oublier les sagas nordiques et les reines glaciales des contes de fée – pour tout ramener à son esprit terrestre, pour susciter des interactions physiques. Plus les voix seront audacieuses et vivaces, plus Björk s’incarnera dans sa musique.
In tight baby binding technique
My arm chews through the swaddling slings
There's a flare gun in my hand
I point it straight and point it high
To the universe it applies”
Bill Callahan, Universal Applicant
Face à l’industrie musicale monolithique, l’icône populaire d’origine islandaise Björk a voulu son propre monolithe de connaissance. L’énigmatique bloc rectangulaire noir du chef-d’oeuvre de Kubrick, 2001, l’Odyssee de l’Espace donnait aux hommes qui l’approchaient de soudaines vagues de savoir, et les projetaient dans un avenir de plus en plus intense.
Le tout aussi tactile Biophilia synthétise les dimensions qui font de la chanteuse d’origine islandaise une artiste hors du commun ; sincérité, capacité de se fier à son instinct, démarche participative plus jazz que rock dans un univers mélodique proche de la pop. Sa musique penche entre deux dimensions modulables à l’infini ; l’intérieur, l’intimité et l’extérieur, les individus. Et il semble que plus Björk étudie ces dimensions, et plus elles se confondent au sein de la nature, une force omnipotente qu’elle n’a jamais besoin de mystifier.
Ces dix dernières années, Björk a écrit et enregistré quatre albums, parus régulièrement : Vespertine (2001), Medúlla (2004), Volta (2007) et Biophilia (2011). C’est donc pour les dix ans de l’excellent Vespertine qu’apparaît Biophilia, un nouveau disque subtil, largement commenté, qui se veut projet interactif, média autonome, ensemble d’applications pour l’ipad. Une expérience pourtant moins surprenante quand l’on se rend compte que les principes qui la sous-tendent sont les mêmes qui parcourent l’œuvre de Björk depuis le début du XXIème siècle.
Après un Homogenic (1997) cathartique et son rôle tout en émotion dans Dancer in the Dark (1999), de Lars Von Trier, c’est sans surprise que le nouveau disque de Björk sera une rupture de ton. S’il est difficile de dire le travail de Björk influencé par l’industrie musicale, c’est encore plus vrai avec Vespertine, cajoleur et feutré, composé du bout du doigt, et Medúlla, un disque fait presque uniquement de voix – mais quelles voix!. C’est en 2000 que commence pour elle une nouvelle ère, dans une « année intéressante », selon ses mots. De nouvelles dimensions, sonores, visuelles et humaines, se mettent alors en place, qui lient entre eux les quatre albums de la nouvelle décennie dans un grand mouvement commun. Björk dirait cosmique.
Mots
UNE PHRASE, DANS MUTUAL CORE (BIOPHILIA) : “Can you hear the effort of the mutual strife ?” sonne superbement. On trouvait déjà ‘strife’, lutte, répété en mantra par un cœur inuit sur Undo: « It’s not meant to be a strife ». Björk s’approprie tous les mots, leur donne relief et rugosité. Son accent islandais lui fait rouler les r, parfois exagérément, comme dans un élan de compassion pour sa langue maternelle. « J’ai très vite compris que je pouvais être à la fois islandaise et internationale, se souvient Bjork en évoquant son déménagement à Londres en 1993. En fait, je fais en deux jours à Londres ce qui me prendrait des mois en Islande. C’est pour cette raison que je préfère de loin rester à Londres, avec des amis chers ». Medúlla contenait quelques chansons en islandais, qui est une langue parfaite pour ce que Björk souhaite exprimer de fierté, de différence ; mais, passant de plus en plus de temps à New York ou à Londres, elle a de son propre aveu laissé le pays de côté. « J’ai réalisé que ma fille [Isadora, née en 2002] ne connaissait pas certaines chansons pour enfants Islandaises », confiera t-elle à la fin du long processus créatif pour Biophilia à Puerto Rico.
D’autres évènements la rappelèrent chez elle auparavant : la crise environnementale suscitée par la construction d’un barrage pour alimenter une usine d’aluminium (un barrage que l’on voit bien dans le documentaire de Sigur Ros, Heima, 2008) qui risquait d’ouvrir la voie à de futures chantiers propres à défigurer l’île, petite et fragile. « Je n’ai jamais cru que je deviendrais environnementaliste », remarquera t-elle. Mais à la suite de cet affront de l’industrie, elle travailla pendant trois ans pour protéger son territoire. Puis il y eut la crise financière, terrible en Islande. A ce moment, Björk veut faire de Biophilia, sur lequel elle travaille déjà, un projet réparateur.
Voix
EN AOÛT 2010, BJORK REMPORTE le Polar Music Prize, après Paul McCartney ou Pierre Boulez. Pourtant, derrière la scène, la carrière de Björk est dans l’impasse. « Quand j’ai découvert que j’avais des nodules dans la voix », dit t-elle, « Je ne savais pas si j’allais pouvoir chanter de nouveau, ou du moins, comme j’avais l’habitude le faire. Je ne voulais pas être opérée, alors j’ai vu tous ces experts et j’ai commencé un processus, des exercices qui font lentement travailler les cordes vocales. » Sa profusion vocale scénique aura-t-elle eu raison de son instrument favori ? Biophilia, une étude par voie de science et d’histoire naturelle des traditions orales, prouve que non.
« Plusieurs choses m’ont forcée à tout mettre sur la table et à me demander : « Ok, qu’est-ce qui marche, et qu’est-ce qui ne marche pas ? » Parmi les composantes les plus remarquables que Björk a choisies de garder et de valoriser avec toujours plus de finesse sur Biophilia sont les voix. Medúlla était l’expérience d’utiliser toutes sortes de voix, de sons élastiques ; des ouuh, des aaah des grrr, des wiiizzzz, des rythmes de beat-boxing mis en musique, en s’affranchissant des thèmes répétitifs de la pop pour multiplier les nuances. Pleasure is All Mine, Vokuro ou Submarine sont l’impression qu’en donnant une musique faire de chair et de sang, de gorges déployées, on brise les derniers remparts d’intimité d’une artiste qui semble avoir déjà tout donné. Au moment de Medúlla, il nous semble connaître de la chanteuse dans ses moindres détails. Qu’elle a des poumons plus grands que la moyenne, par exemple.
C’est cela, sa véritable force ; ne jamais s’en remettre à ce qu’elle peut évoquer, par ses origines, par son sexe – on peut oublier les sagas nordiques et les reines glaciales des contes de fée – pour tout ramener à son esprit terrestre, pour susciter des interactions physiques. Plus les voix seront audacieuses et vivaces, plus Björk s’incarnera dans sa musique.
Elle ne s’en remet jamais à ce qu’elle peut évoquer, ramène tout à son esprit terrestre, pour susciter des interactions physiques.
Thèmes
SUR BIOPHILIA, MUTUAL CORE EST UNE CHANSON militante, comme Declare Independance (« Don’t let them do that to you ») l’était sur Volta – un album que Björk a qualifié de travail pour les « tribus de la planète ». L’ouverture aux autres et le repli sur soi sont un grand thème de Vespertine. Volta affiche les couleurs du mélange, jusque dans le maquillage et les costumes extravagants et bigarrés de l’artiste. Elle y interroge l’identité et la protection de nos libertés. Plutôt que de se battre frontalement, cependant, Björk (que le féminisme agace) préfère redonner à l’amour ou à la solidarité toute leur légitimité naturelle, à travers l’observation d’évènements intimes.
Sur Biophilia, le thème de l’identité s’élargit davantage, avec l’évocation de nos origines et de notre place à l’échelle du cosmos. Les phénomènes microscopiques et macroscopiques se superposent, les caractères humains y sont brossés, laissés à l’état du simple jeu des gènes et des protéines. L’homme est une créature animée par l’électricité, il n’est pas maître de ses origines ni de ses besoins, mais il est force d’action, un instrument naturel pour entretenir les équilibres. Un chaînon dans une symphonie rationnelle.
« Je vois mes chansons comme une expérience spatiale, géométrique ».
Björk entend Biophilia comme un antidote d’humilité à Volta et à la tournée qui s’ensuivit. « Tout ce que je voulais faire c’était planter une petite graine totalement pure et la regarder grandir », se rappelle t-elle de sa situation après les concerts éprouvants. La même humilité que l’on trouve dans Desired Constellation (Medúlla), une invitation nocturne à regarder les étoiles en se questionnant : « How i’m i gonna make it right ? ».
dimanche 16 octobre 2011
Paroles : Bjork - Biophilia (2011)
Moon
As the lukewarm hands of the gods
Came down and gently picked my adrenalin pearls
Placed them in their mouths and rinsed all the fear out
Nourished them with their saliva
All rested
As if the healthiest pastime
Is being in life-threatening circumstances
And once again be reborn
All birthed and happy (all birthed and happy)
All birthed and happy (all birthed and happy)
All birthed and happy (all birthed and happy)
Best way to start-a-new is to fail miserably
Fail at loving and fail at giving
Fail at creating a flow then realign the whole
And kick into the starthole.
And kick into the starthole
And kick into the starthole
To risk all is the end all and the beginning all
To risk all is the end all and the beginning all
Thunderbolt
Stirring at water's edge,
Cold froth on my twig,
My mind in whirls
Wanders around desire.
May I, can I, or have I too often?
Craving miracles…
May I, can I, or have I too often now?
Craving miracles…
Craving miracles…
No one imagines the light shock I need,
And I'll never know
From who's hands, deeply humble,
Dangerous gifts as such to mine come.
May I, should I, or have I too often?
Craving miracles…
May I, can I, or have I too often?
Craving miracles…
Craving miracles..
My romantic gene is dominant
And it hungers for union,
Universal intimacy,
All embracing.
May I, should I or have I too often
Craved miracles?
May I, can I or have I too often
Craved miracles?
Crave…
Waves irregularly striking,
Wind stern in my face.
Thunderstorm, come,
Scrape those barnacles off me!
May I, may I or should I too often
Crave miracles?
May I or should I or have I too often
All my body parts are one
As lightning hits my spine,
Sparkling
Prime runs through me,
Revive my wish
Inviolable.
May I, can I, or have I too often?
Craving miracles…
May I, can I, should I, or have I too often?
Craving miracles…
Cristalline
Underneath our feet
Crystals grow like plants (listen how they grow)
I'm blinded by the lights (listen how they grow)
In the core of the earth (listen how they grow)
Crystalline, internal nebula
Crystalline, rocks growing slowmo
Crystalline, I conquer claustrophobia
Crystalline, and demand the light
We mimic the openness of the ones we love
Dovetail our generosity, equalize the flow
With our hearts we chisel quartz to reach love
Crystalline, internal nebula
Crystalline, rocks growing slowmo
Crystalline, I conquer claustrophobia
Crystalline, and demand the light
Octagon, polygon, pipes of and organ
Sonic branches, murmuring drone
Crystallizing galaxies, spread out like my fingers
Crystalline, internal nebula
Crystalline, rocks growing slowmo
Crystalline, I conquer claustrophobia
Crystalline, and demand the light
Crystalline, internal nebula
Crystalline, rocks growing slowmo
Crystalline, I conquer claustrophobia
Crystalline, and demand the light
It's the sparkle you become when you conquer anxiety
It's the sparkle you become when you conquer anxiety
Cosmogony
Heaven, heaven’s bodies
Whirl around me, make me wonder
And they say back then our universe
Was an empty sea, until a silver fox
And her cunning mate began to sing
A song that became the world we know
Heaven, heaven’s bodies
Whirl around me, make me wonder
And they say back then our universe
Was a coal black egg until the god inside
Burst out and from its shattered shell
He made what became the world we know
Heaven, heaven’s bodies
Whirl around me, make me wonder
And they say back then our universe
Was an endless land until our ancestors
Woke up and before they went back to sleep
They carved it up into the world we know
Heaven, heaven’s bodies
Whirl around me, make me wonder
And they say back then our universe
Wasn’t even there until a sudden bang
And then there was light, was sound, was matter
And it all became the world we know
Heaven, heaven’s bodies
Whirl around me, dance eternal
Hollow
Hollow, my ancestors have access
Hollow, I'm falling down the abyss
Hollow, looking for some answers
Generations of mothers sailing in
Somehow they all were shipfolks
Hollow, the ground is opening up
Swallows, me up
The trunk of DNA
Trunk of DNA, trunk.
Now come forth
All species
Come forth
Hollow.
Like a bead in necklace
Thread me upon this chain
I'm part of it
The everlasting necklace
Jewels after jewels after jewels after
Jewels after jewels after jewels
Breathe out
I yearn to belong, let me belong, let me belong
Virus
Like a virus needs a body and soft tissue feeds on blood
Someday I'll find you, the urge is here, ohh-ohh
Like a mushroom on a tree trunk as a protein transmutates
I knock on your skin and I am in, ohh-ohh
The perfect match, you and me, I adapt, contagious
You open up, saying welcome
Like a flame that seeks explosives as gun powder needs a war
I feast inside you, my host is you, ohh-ohh
The perfect match, you and I, you fail to resist
My crystalline charm, you do
Like a virus, patient hunter
I'm waiting for you, I'm starving for you, ohh-ohh
My sweet adversary, ohh, my sweet adversary, ahh
My sweet adversary
Sacrifice
Why can't you give her room?
Respect her spatial needs.
I feel you compress her
Into a small space.
With clairvoyance,
She knew what you needed,
And gave it to you.
Now her desires are repressed;
Arrows in the flesh
When she found your love,
Her nature bowed her head;
She surrendered,
She renounced the world for you,
Now she's poisoned by demands
You cannot answer.
Why this sacrifice?
Now she regrets the whole thing,
A delayed reaction
When she left her craft voluntarily
For your nest, for your love.
Did you understand?
Appreciate,
Build a bridge to her.
Initiate a touch
Before it's too late,
Say the words to her
That will make her shine.
Tell her that you love her
Your generosity will show
In the volume of her glow.
Mutual Core
I shuffle around the tectonic plates in my chest
You know I gave it all try to match our continents
To change seasonal shift to form a mutual core
As fast as your fingernail grows the Atlantic ridge drifts
To counteract distance, you know I gave it all
Can you hear the effort of the magnetic strife?
Shuffling of columns to form a mutual core
This eruption undoes stagnation
You didn't know I had it in me
Withheld your love, an unspent capsule
I didn't know you had it in you
You hid the key to our continuity
I didn't know you had it in you
This eruption undoes stagnation
You didn't know, you didn't know
What you resist persists, nuance makes heat
To counteract distance, I know you gave it all
Offered me harmony if things were done your way
My Eurasian plate subsumed forming a mutual core
This eruption undoes stagnation
You didn't know I had it in me
Withheld your love, an unspent capsule
I didn't know you had it in you
You hid the key to our continuity
I didn't know you had it in you
This eruption undoes stagnation
You didn't know, you didn't know
Solstice
When your eyes
Pause on the ball
That hangs on the third branch from the star
You remember why it is dark and why it gets light again
The earth (like the heart) slopes in its seat
And like that it travels along an eliptical path
Drawn into the darkness
An unpolished pearl in sky-black palm of hand
Flickering sun-flame
And then you remember
That you yourself
You are a light-bearer, a light-bearer
Receiving radiance from others
Flickering sun-flake
Unpolished earth in the palm of hand
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