“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

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vendredi 21 décembre 2012

Best of 2012 - 2 ème rang albums #4 à #7

 
Matt Elliott - The Broken Man
 
Les chansons sur cet album extrême sont austères mais denses d’une lucidité musicale, d’une inspiration qui leur donne un aspect grandiose. Démarrant souvent sous le joug d’une guitare hispanisante au jeu complexe, elles s’affirment avec un dessein extrêmement méticuleux et une sagesse à toute épreuve. Les suites qui constituent la première face du vinyle démontrent le pouvoir et la détermination de Matt Elliott à l’œuvre pour exprimer avec largesse les sentiments de regret et de solitude dans leurs infinies variations. Dust, Flesh and Bones démarre comme une lamentation nue, évoquant Leonard Cohen, et s’oriente en volutes autour d’une phrase répétée, conjurant toute la conviction de d’Elliott envers sa propre sagesse affective. La chanson décolle lentement de terre, prend un tour presque effrayant avec ses chœurs murés, le son d’une cloche lointaine contribuant aussi à la sensation d’un vide immense qui s’ouvre de plus en plus sous nos pieds.
 
 
 
Neurosis - Honor Found in Decay
 
Par rapport à leur précédent disque, Honor Found in Decay semble retrouver une linéarité plus séduisante pour l’auditeur. Il retient l’agressivité, le sens apocalyptique propre au groupe tout créant l'agréable sensation d’être porté au cœur de la musique. Dès We all Rage in Gold, c’est toute l’essence de Neurosis qui est rendue saisissante par la clarté de sa mise en œuvre, sa présentation directe et sincère. Rien que la façon dont est introduite la première phrase, « “I walk into the water/To wash the blood from my feet », et dont se déploient en quelques minutes certains des couplets les plus denses de l’album, résume une approche rassérénée de leur musique et de leur message par Neurosis. At the Well est l'une des meilleures chansons de Neurosis, un tableau qui dans l'équilibre et le tournoiement de riffs et de sons enregistrés sans transformation ultérieure, donne au groupe toute l'essence capable de le faire durer encore. « In a shadow world » entonent Scott Kelly et Steve Von Till de leurs voix gutturales. Une voix presque subliminale termine : « We are your light ».
 
 
Chris Smither - Hundred Dollar Valentine
 
Chris Smither n’a pas besoin de rappeler constamment qu’il est en train de jouer le blues. Sa voix et son jeu de guitare en finger-picking, élégant et délicat sont les meilleures garanties de son inspiration. Empruntes de tranquillité et de bienveillance, ses chansons évitent pourtant la redite, certaines dégageant au prime abord une tristesse simple et intense – On the Edge, I Feel the Same, Feeling by Degrees –, mais avec, elle leur centre, le rythme marqué par un tapement de pied, comme un battement de cœur. D’autres vous ravissant plus tard parce qu’elle sont entraînantes et et amusantes jusque dans leur gravité même.
Un album qui nous ramène à une ère où la musique était ressentie au fond du cœur, et dans des régions américaines où il n’y avait rien de tel que des genres musicaux, mais où les interprètes solitaires pouvaient tremper dans le blues de Lightning Hopkins et Mississippi John Hurt, s’inspirer de Randy Newman et reprendre en chemin Tulane de Chuck Berry, Rock and Roll Doctor de Little Feat ou Desolation Row de Bob Dylan, faisant preuve de foi, de sincérité et d’humilité.
 
 

Silvia Perez Cruz - 11 de Noviembre
 
Au parc Güell, à Barcelone, s'ouvrent à vous deux réalités : celle qui comprend le flot de touristes se prenant en photo devant les jolies bordures en mosaïque, et celle des artistes musicens, guitaristes flamenco et autres, flanqués dans les allées bordées de pilliers organiques et de corniches artificielles. On retrouve dans cet album mélancolique et sensuel le genre d'intimité fugace établie là bas, ainsi que le souvenir de l'air chaud, pour un début du mois de janvier, sur notre peau. Ecouter 11 de Noviembre, premier album d'un petit prodige habituée aux collaborations, c'est comme partager un moment privilégié de félicité, à l'écart de la foule. On se laisse porter par la voix, polyglotte, aux modulations fragiles de la chanteuse catalane, ses vocalises jazz (sur Dias de Paso), la beauté de certains arrangements de cuivre (Pare Meu, Covava L'ou de la Mort Blanca), le sentiment d'isolation intense qui parcourt Diluvio Universal et les choeurs de Iglesias, Meu Menino ou O Meu Ammor e Gloria. Enfin, brille une guitare empruntée au folk anglais aussi bien qu'à la habanerra, une musique cubaine traditionellement reprise par les catalans, un style dont le père de Sivia Perez Cruz, récemment disparu, était l'un des grands artisans. Mille et un détails font de cet album un joyau.


dimanche 14 octobre 2012

Neurosis - Honor Found in Decay (2012)


Parution : 30 octobre 2012
Label : Neurot Recordings
Genre : Doom metal, post hardcore
A écouter : At The Well, My Heart for Deliverance, All is Found... In time
OOO
Qualités : sombre, envoûtant


Given To The Rising, le dernier album de Neurosis paru en 2007, semblait, malgré de bons moments (Water is Not Enough…) privilégier l’utilisation d’atmosphères certes imposantes et très enveloppantes, mais qui semblaient parfois superflues, ce qui causait rapidement une lassitude. Le sextet post-hardcore, fêtant alors ses 20 ans d’existence, en venait  à évoquer David Lynch et les musique de film comme inspiration. Neurosis gagne pourtant davantage à être connu pour ce que ses chansons évoquent par leur contenu émotionnel et lyrique, et les limiter à leur atmosphère est réducteur. La dynamique chère au groupe, qui alterne avec une tension maintenue puissance et calme, est ici mieux que jamais un outil au service des chansons, de ce qu’elles contiennent d’honnête, de sauvage ou de mystique. Ce sont les humeurs et les émotions de ces chansons qui nourrissent les dynamiques de Honor Found in Decay, plutôt que de simples attributs sonores. Les chansons sont des tableaux, certes, mais qui appellent à être ressentis avec une urgence présente seulement épisodiquement sur Given to The Rising. Peut-être l’intense mélancolie qui se dégage aussi de cet album est ce qui le rend plus attachant que son prédécesseur. C’est comme s’ils s’étaient inspirés de Warning et de leur immense chef d’œuvre doom, Watching From a Distance (2007), pour façonner un album qui fait triompher le fond sur la forme, le taux d’humanité sur la quantité d’effets utilisés.
Depuis A Sun That Never Sets (2001), Neurosis tient du doom metal plutôt que du post-hardcore. Les deux albums suivants ont peut-être été les plus difficiles pour le groupe – The Eye of Every Storm (2004) constituant, dons son domaine plutôt sludge que hardcore, un triomphe hors normes - et Honor Found in Decay semble retrouver une linéarité plus séduisante pour l’auditeur. Il retient l’agressivité, le sens apocalyptique propre  au groupe tout créant l'agréable sensation d’être porté au cœur de la musique. Dès We all Rage in Gold, c’est toute l’essence de Neurosis qui est rendue saisissante par la clarté de sa mise en œuvre, sa présentation directe et sincère. Rien que la façon dont est introduite la première phrase, « “I walk into the water/To wash the blood from my feet », et dont se déploient en quelques minutes certains des couplets les plus denses de l’album, résume une approche rassérénée de leur musique et de leur message par Neurosis. L’une de leurs grandes forces, à savoir l’interaction entre les voix des deux chanteurs, est déjà activement à l’œuvre à cet instant.
At The Well, la première des trois chansons dépassant les 10 minutes sur l’album, confirme la perfection de l’expression du groupe, capable d’aller du quasi silence à une effusion de rage intense (bien que sans commune mesure avec ce qu'on a entendu dans la période post-hardcore du groupe), comme c’est définitivement le cas passé les sept minutes, alors qu’une nouvelle mélodie obsédante oriente la chanson vers un dénouement désespéré. Dans la dernière partie, la répétition de « In a shadow world » par Scott Kelly, Steve Von Till et le bassiste Dave Edwardson rend palpable toute la paranoïa, la défiance propres au groupes et peut-être aussi une forme d’espoir. « We are your light » est une réponse presque inaudible apportée en sous-main. Un dernier couplet termine le morceau avec une netteté remarquable, et l’inertie de cette deuxième chanson nourrit la troisième.
En douze minutes, My Heart For Deliverance change de formes avec une certaine grâce. A un moment, Scott Kelly passe du hurlement à la quiétude au cours du même vers : « And left me beneath…the river” ce qui laisse la voie à un intermède inhabituellement tranquille et gagné de désolation. Les dernières minutes du morceau sont un des meilleurs moments de l’album. Les guitares se débattent ensemble pour soulever le poids d’une fatalité qui peut encore être évitée, avec une insistance qui donne un caractère épique au titre. Et la suite est tout aussi édifiante, Bleeding The Pigs dégageant quelque chose plus de l’ordre du tribal et du rituel, Casting of the Ages faisant office de morceau doom plus traditionnel tandis que All is Found… in Time joue sur la force de son énorme riff, le meilleur de l’album. Enfin, Raise the Dawn, relativement courte, permet de susciter chez l’auditeur l’envie de tout recommencer…
Le confort qui naît à l’écoute de Honor Found in Decay n’est rendu possible que par une extrême précision dans la production (de Steve Albini), l’entrelacs des instruments, le séquencement, le choix de chanter/hurler seul, à deux ou même à trois. Les atmosphères suscitées par Noah Landis soutiennent ces chansons à chaque instant, dans leurs introductions, de leurs flottements, leurs conclusions et jusqu’aux moments où les riffs qui dirigent les chansons sont à leur apogée.



mercredi 3 novembre 2010

Neurosis - Live at Roadburn (2010)



Parution : 2010
Label : Neurot Recordings
Genre :  Doom metal, Post-Hardcore
A écouter : Given to The Rising, the Doorway

O
Qualités : sombre, puissant, hypnotique
 
Neurosis, groupe de Oakland, Californie, a inventé un scène ; Isis, Cult of Luna, les groupes signés sur leur label et ouvertement inspirés de leur son à eux rencontrent  plus en plus de succès au fil des années. Aujourd’hui, Mastodon ou Baroness, deux groupes forts d’un succès qui en dit long – sur la légitimité du rock progressif  - se réclament de Neurosis.  C’est comme s’ils avaient fait vibrer une corde sensible encore jamais effleurée jusque là, et dont le son s’est amplifié jusqu’à cette tournée de 2007 en support de leur dernier disque studio, Given to The Rising (2007). 
 
Ils célébraient alors leurs vingt ans d’existence, et n’avaient plus grand-chose à voir avec ce qu’ils étaient à leurs débuts. Depuis le punk hardcore de Pain of Mind (1987), les six caverneux esthètes se sont peu à peu transformés en une engeance quasi-mystique – mais inutile d’ajouter des décors superflus là où ils se sont taillé un solide et réel piédestal de pierre. Leurs disques récents,  A Sun that Never Sets (2001à) et The Eye of Every Storm (2004), les avaient dotés d’une nouvelle aura. Burn, le premier titre de …Storm, était étrangement lent, évoquant plutôt la douleur d’une vieille âme que la brûlure  agressive d’une rage consumée. Et tous le disque était à l’avenant évoquant des paysages enneigés où le son s’étouffe à force de circonvolutions et perd son tranchant primaire avant d’atteindre l’oreille de l’auditeur.
 
Ecouter les disques studio de  Neurosis, c’est toujours une révélation. Parce que c’est une musique exceptionnellement riche, sans cesse en recherche de spiritualité et de sensations précises et complexes qui ne se contentent pas d’être le reflet d’une noirceur intérieure – elles sont cette noirceur. (C’est un peu comme lorsque Coppola a dit qu’Apocalypse Now n’était pas sur la guerre au Viet Nam, mais qu’il était la guerre au Viet-Nam). Dans ces conditions, en live Neurosis n’a pas  d’autre choix que de reproduire fidèlement les morceaux qu’ils ont préparé avec tant de soin et tant d’images en tête pour les disques.

Live at Roadburn, enregistré en 2007,  contient une majorité de titre des deux derniers albums, à l’exception notoire de The Doorway, titre d’ouverture abrasif et annonciateur sur Times of Grace qui, en position finale, garde son aura symbolique. Si l’expérience de ce live enregistré n’est pas à la hauteur de ce que les plus chanceux ont pu expérimenter en concert, il permet ou moins d’avoir quelques réflexions sur ce qui, dans un autre monde, feraient de Neurosis un groupe banal. Pour commencer, c’est bien du métal, pour toute leur symbolique. Qu’elle leur appartienne en propre est moins courant. 
 
Given to the Rising ouvre ce concert, et c’est un des morceaux les plus impressionnants de la carrière de Neurosis. Il n’y a rien d’autre qui égale ce premier titre à part peut-être le dernier, qui est The Doorway.  On dirait que Neurosis, avec le recul, fait toujours un peu plus peur qu’avant. Moins violent qu’en 1996 ? Ce n’est tellement sûr, mais c’est une violence plus sournoise, qui monopolise vos sens. Faute à un son devenu panoramique, proprement rugissant, faute à une perfection sans cesse plus grande – et à toutes les sonorités organiques et cinématiques parfaitement restituées ici -, Neurosis demande un investissement toujours plus important. Même les moments de calme, comme au milieu de Distil, ont une lourdeur magique et harassante. Une progression effrénée et  plus enveloppante à chaque minute qui passe – à la fois chaos mental provoqué par le manque de spiritualité et la recherche effrénée de leurs propres esprits. Le live, à peine plus approximatif que le studio, suffit pourtant à donner l’impression que tout est ouvert à une autre dimension incontrôlable – et imaginer Neurosis perdre le contrôle de leurs compositions parfaites (Crawl Back In, A Season in the Sky, Water is Not Enough), ça provoque l’appréhension de ce qu’elles peuvent devenir. 
 




jeudi 22 avril 2010

Neurosis - Times of Grace


Neurosis est la formation qui a fait redevenir le rock progressif excitant et instense, comme ça n’avait peut-être jamais été le cas. Aujourd’hui shamans cultes de la scène indépendante américaine, imités par une poignée de groupes et source d’inspiration pour bien davantage, ses membres continuent leur route dans le noir, que ce soit au sein de Neurosis ou en produisant des disques sur le label qu’ils ont lancé, Neurot Recordings. Ce label est aussi la maison de projets parallèles pour les deux chanteurs du sextet, Steve Von Till et Scott Kelly, respectivement au sein de Harvestman et de Shrinebuilder. C’est l’une des meilleures idées au sein de Neurosis, ces deux voix complémentaires, mais qui rivalisent, toutes deux guturales et profondes (Kelly a cependant plus de temps de présence que Von Till). On peut écouter le morceau titre de Times of Grace pour se persuader que chanter à deux de la manière dont ils le font, dégage une vraie puissance infernale, parfaitement complétée par le son de guitares accordées très bas.

Chez Neurosis, les instruments communiquent de manière inhabituelle ; ces guitares se lançant dans de sourdes lamentations caverneuses, entre deux riffs incroyablement lourds et puissants, tandis que la batterie a une approche tribale, même sur des tempos rapides. L’effet recherché est d’illustrer la rudessee d’un monde instable ; envoûtant, sans doute beau, rougeoyant et mourrant ; mais toute mort, à cette échelle, n’est synonyme que de transformation. C’est une musique mutante issue du hardcore et devenue illustrative, comme le suggère Descent et sa cornemuse, ou The Last You’ll Know – lequel morceau est construit autour des échantillons de Noah Landis, le bruiteur dont la place dans le groupe se justifiera de plus en plus (en effet, alors que les premiers disques de Neurosis contenaient quantité de dialogues subliminaux dans un style daté, sur les derniers ses éléments électroniques vont devenir sons liés complètement au reste dans une sorte d’expérience multisensorielle ; ce sentiment est particulièrement vrai si l’on écoute Times of Grace avec Grace, le disque du projet expérimental Tribes of Neurot qui est destiné à être écouté simultanément).

La structure du disque montre que le groupe a atteint sa maturité. Les morceaux sont moins sombres et globalement moins longs que sur Through Silver in Blood (1996), le disque de l’escalade d’un nouveau genre éprouvant et réjouissant pour Neurosis. La plus longue pièce sur Times of Grace, Away, est d’ailleurs le morceau le plus calme du groupe jusqu'à présent, pour l’essentiel une longue plage volontairement terne, mais où l’on sent bien l’énergie en receuil (il est toujours question de spiritualité chez Neurosis), un pont vers l’âme après tant de fureur extériorisée. « Cease this long, long rest/Wake and risk a foul weakness to live”. Sur Away, c’est la première fois que Kelly prend une voix dégagée et que Neurosis autorise à une “faiblesse” d’exister. Finalement, le morceau se termine avec « away », simple mot crié sur un arpège progressif, lent et lourd. Les textes du groupe sont souvent concis, parfois cryptiques ou plutôt esthétiques ; on devine que la forme est aussi importante, ou plus importante, que le fond. De ce simple « away » à d’autres bouts de phrases, on sent que les syllabes ont maturé, deviennent parfois traînantes dans l’intonation caverneuse qui les interprète. "To deny/Until i say/Fell us alive/Sight as i speak/Inside us born…” On le devine, la manière dont les vers sont découpés provoque l’interaction des deux voix.

The Doorway et Under the Surface, deuxième et troisième morceau du disque, sont les plus convaincants. C’est ceux sur lesquels les sentiments se font les plus extrêmes, écorchés. « Your shell is hollow/ Your shell is hollow/ So am I/ The rest will follow/ The rest will follow/ So will I” crie Kelly sur le climax de Under the Surface, pendant lequel le groupe atteint son objectif avec le plus de brio ; une fusion de toutes forces, sentiments, sensations, une alliance sauvage et païenne (forte symbolique sur pochettes à l’appui). On voudrait que ce flot inextingible ne cesse jamais. Cependant,les résultats de cette exploration sont parfois plus mitigés, bien qu’on s’en délecte tout autant. Chaque nouveau titre demande à Neurosis de remobiliser toutes ses connaissances, de retrouver l’équilibre, comme si rien, jamais, n’était acquis. Progresser, s’améliorer leur demande de grands efforts, oun travail obsédant. L’expérience accumulée se concrétise pourtant lentement, et Times of Grace est un tournant de leur carrière (dans la manère dont il est séquencé…), un modèle dépassé par A Sun That Never Sets (2001) et The Eye of Every Storm (2004). A noter que le dernier morceau, Road to Sovereignty ouvre la voie pour le futur EP Sovereign (2000).

Times of Grace a été réédité récemment en édition double CD avec Grace. Ecouter les deux simultanément est une expérience à la hauteur de la réputation du groupe.

  • Parution : 1999
  • Label : Neurot Recordings
  • Producteur : Steve Albini, Neurosis
  • Genre : Post-hardcore, Sludge metal, Progressif
  • A écouter : The Doorway, Under the Surface, Times of Grace
 
  • Appréciation : Monumental
  • Note : 8/10
  • Qualités : intense, original
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