“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

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dimanche 12 avril 2015

VILLAGERS - Article (2013)


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VILLAGERS - Darling Arithmetic (2015)


OO
folk alternatif
intimiste, lucide

Au temps du dernier album, alors qu'il s'amusait avec un humour littéraire à brouiller les pistes, on imaginait pas que Conor O'Brien battrait en retraite vers le divan de sa thérapie, affrontant le seul capable de juger ce qu'il a fait : lui-même, plus jeune. Il a donc du se fabriquer un autre 'moi' plus âgé. Il devait inévitablement ressembler à une version plus irlandaise de lui-même, entendez se faire pousser la barbe. Et enregistrer seul, sans fioritures. La plus belle façon de poser les bases de l'exercice plus épineux qu'il n'y paraît, était de déclarer, depuis une position assise, nouvelle pour l'auditeur : "Cela m'a pris un peu de temps pour être honnête, cela m'a pris un peu de temps pour devenir moi-même." 
Dans la chanson d'amour nocturne Dawning on me, il prend la position couchée et retranscrit le mieux ce sentiment de calme qui vient en regarder l’insondable chaleur de la nuit, tout en établissant des forces nouvelles, venant du fond de son coeur. "Ainsi je marche le long du littoral... commence t-il sur Soul Serene, une belle méditation qui profite de toute la science du - lent- tempo chère à villagers depuis leur débuts, cette lenteur qui leur a valu l'étiquette folk sans doute un peu mou malgré tous les moments enlevés que pourront compter leurs albums. Avec un brin d'ironie, il recherche sa place sur Hot Scary Summer ("Nouxs devenions bons pour prétendre/et la prétention nous a bien eus") Le mellotron nous fait flotter jusqu'aux phrases finales "On voyage droit au cœur de cet été moite et effrayant'. Une chanson bouleversante quand elle sera chantée face aux spectateurs. Little Bigot c'est un peu comme si un John Lennon Irlandais s'en prenait à une jeunesse dont il sait qu'elle est la dernière ressource face à la déliquescence du monde. Comme Lennon, il nous dit que l'amour est 'tout', qu'il peut résoudre les conflits et rendre le monde meilleur. 
Plus loin, So Naïve termine l'album de façon étrange, sur une note suggestive qui attend sa résolution. Il n'y a pas de résolution quand on est dans l'honnêteté, et c'est bien dans le ton d'un disque plus direct, auquel suffisent la guitare, le piano, la voix qui parfois transcende tout et quelques ambiances lunaires. 

Paroles/Lyrics 

VILLAGERS - Paroles de Darling Arithmetic (2015)

Chronique de l'album ici

Courage

Took a little time to get where I wanted
It took a little time to get free
It took a little time to be honest
It took a little time to be me
I took a little lover but then we parted
I took a little time to get over this
From time to time, I get heavyhearted
Thinking of how you used to kiss
Courage
It's a feeling like no other
Let me tell you, yeah
Courage
In harmony with something other than your ego
Courage
The sweet belief of knowing nothing comes for free

Do you really wanna know,
About these lines on my face?
Well, each and every one is testament to
All the mistakes I've had to make
To find courage
It's a feeling like no other
Let me tell you, yeah
Courage
In harmony with something other than your ego
Courage
The sweet belief of knowing nothing comes for free
For free...
Courage
It's a feeling like no other
Let me tell you, yeah
Courage
And harmony with something other than your ego
Courage
The sweet belief of knowing nothing comes for free


Dawning on Me

I've been awake for so long now
just can't get to sleep
you've been tugging at my eyelids
you've been dawning on me
and there's a light coming through the window
but all I can see
is the light of your love
you've been dawning on me

The Soul Serene


So I go walking on the shore
And wonder what I am walking for
Rain falling in the stream
as I try to figure
I tried to figure out what it all means
And I find chameleon dreams
in my mind
Took a little ride on the carousel
When will it end I can never tell
keep spinning until the soul serene
until I got no reason
I've got no reason to figure out what it means
and I find chameleon dreams in my mind
step into the soul serene
the soul serene
step into the soul serene
step into the soul serene
the soul serene
where have you been


à suivre

jeudi 28 mars 2013

VILLAGERS - Interview de Conor O'Brien le 22 février 2013

 


Ci dessus : le Village Underground, à Londres.
Un article sur l'album est à suivre.
Sur un coin de table à la Maroquinerie, un Conor O’Brien endormi fait le debriefing de sa soirée de la veille, à Londres : « C’était le meilleur concert de ma vie. » Et commente à froid les paroles du deuxième album passionné de Villagers.
J’aime la façon dont tu écris. Tu dis que les chansons ne sont jamais meilleures que lorsqu’elles viennent complètement formées, mais tu utilises des mots qui sortent de l’ordinaire.

Co'B : J’avais l’impression de procéder à l’envers. Le truc c’était plutôt d’écrire ce qui me passait par la tête, et ensuite de nettoyer cette prose qui en résultait. C’est un travail laborieux. Mais j’aime beaucoup ce processus qui consiste à titiller un texte.
Récemment, l’un de mes albums favoris a été Sugaring Season, de l’anglaise Beth Orton. Sa musique m’a rappelé la tradition folk anglaise, elle jetait le sort déjà lancé auparavant par Bert Jansch ou Nick Drake. Le folk traditionnel t’a-t-il inspiré ?
J’aime les deux, Bert Jansch, Nick Drake. Mais j’écoute des musiques très diverses [le choix de  l’échantillonneur utilisé sur {Awayland} sera influencé par l’écoute de Four Tet]. Radiohead… [Il réfléchit une bonne minute en essayant de sortir des noms, mais finit simplement par s’excuser de sa fatigue]. Et je pense que cela apparaît sur l’album, qui est en quelque sorte un amalgame. Je ne sens pas que je fais partie d’une tradition ou d’une autre. Je copie beaucoup de gens, je vole beaucoup. Finalement, plus vous multipliez les sources et plus ce sera votre propre œuvre. 
J’ai passé plusieurs mois à Londres, et j’essayais d’écrire des chansons. J’avais acheté le livre qui réunissait toute les chansons de Bob Dylan et j’essayais de m’inspirer de ça. T’es-tu déjà exercé pour écrire des chansons ?
Quand j’écris j’ai un livre avec de paroles de Bob Dylan au coin de mon bureau aussi ! Ses chansons depuis 1964 jusqu’en 2000. J’y trouve certainement une inspiration, car son lyrisme est très inspirant.
Il ne parle pas tant de lui-même qu’il crée des personnages…
Je pense que lorsque vous créez des personnages dans des chansons vous leur insufflez  inévitablement des aspects de votre propre personnalité, mais en utilisant une mise en scène pour en transformer les sentiments et les émotions. 
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La musique de Villagers semble beaucoup liée à des sensations, à une atmosphère. Tu savais ce que tu voulais avec le premier album mais étendre le son avec le groupe te permet de porter l’auditeur à un autre niveau.
Je pense que c’est la seule façon de justifier l’écriture d’un nouvel album, si tu n’as pas une nouvelle donne, différente de ce que tu as fait auparavant, cela n’a pas de sens de ressortir un autre disque. Je me suis procuré un synthétiseur, je n’en avais jamais possédé avant. C’était comme un nouveau jouet, et j’ai passé beaucoup de temps entre l’échantillonneur et le synthétiseur, commençant à produire des… sentiments, des textures, pour jouer avec les chansons, leur donner une approche différente. Tout n’était pas écrit d’avance cette fois-ci. Pour Becoming a Jackal, j’avais la plupart des paroles, les thèmes et tout le reste, et avant même d’écrire l’album, j’avais déjà le titre, j’avais l’idée de l’artwork avant d’avoir terminé la moitié des chansons. C’était plus académique, plus l’histoire d’assortir des chansons à un thème déjà existant, tandis que cette fois je n’avais rien d’autre que des sentiments que je voulais mettre en scène.
Comment as-tu formé les chansons ? Les arrangements sont très importants, comment avez-vous travaillé dessus avec le groupe ? Avez-vous procédé chansons par chanson ?
J’ai  enregistré toutes les démos, sur lesquelles j’ai joué tous les instruments. Certaines [Passing a Message, Judgement Call] ont beaucoup changé par la suite, d’autres [The Waves] non. Les démos m’ont pris presque un an ; nous avons ensuite joué les chansons ensemble, et les choses ont pris un nouveau tour. Ca n’a pas drastiquement changé musicalement, mais les sentiments, les grooves, la façon dont les chansons sont jouées ont un rendu beaucoup plus efficace en groupe. Nous nous sommes occupés des arrangements avec Cormac [Curran, le claviériste responsable en grande partie des arrangements de l’album]. C’était une grosse partie de l’album, qui contient beaucoup d’orchestrations. C’est une expérience plus collaborative qu’avant.
Je trouve particulièrement soignée la façon dont les morceaux commencent, et se terminent. The Bell, par exemple, est très impressionnante au début, avec le piano qui résonne, les cuivres, l’orgue…The Waves se distingue par son explosion sonore finale…
Oui, pour The Bell nous voulions une grosse instrumentation… Pour The Waves, je voulais parvenir à ce point culminant de violence, à cause du sujet de la chanson, la menace de vagues géantes. Cette chanson est née dans l’œil d’une tempête. J’ai vu les images du tsunami japonais à la télévision, et elles sont restées dans ma tête plusieurs semaines alors que j’écrivais la chanson. J’avais besoin que la musique évoque le pouvoir implacable de la nature.
Et cette façon de hurler comme un loup dans Pieces, sur Becoming a Jackal…
Ca m’a semblé cathartique, la musique n’est qu’un moyen d’exprimer des choses…
Comment se passent les concerts avec les nouveaux morceaux ?
C’est très excitant. Nous sommes meilleurs en tant que groupe…La nuit dernière [le 21 février 2013], c’était le meilleur concert de ma vie. La salle s’appelle le Village Underground, à Londres. Très belle salle, avec de hauts plafonds. Autrement, les nouvelles chansons sont plus expansives, nous jouons beaucoup plus de nos instruments. Il y avait beaucoup de moments dans les anciennes chansons où le groupe attendait pendant que je jouais tout seul.
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J’ai lu que les thèmes de l’album étaient liés au corps, au fait de grandir, de changer…

Oui, il y a probablement ces aspects de  bouleversements du corps, mais surtout cette confrontation avec le paysage et la façon dont l’individu gère son rapport à la société et s’adapte aux contradictions. Il est souvent question de tenter de garder la vue la plus large possible. Beaucoup de mes personnages sont amers ou bigots, comme c’est le cas lorsque les gens vieillissent. Une grande partie de l’album consiste à se défendre de la pensée raciste, sexiste, homophobe, parce qu’on finit tôt ou tard par rencontrer ce genre de personnes.

T’inspires –tu de l’Histoire ?

Le tsunami a été le gros évènement au moment où j’écrivais ces chansons. Dans Earthly Pleasures, il y a cette figure d’ancienne divinité. Mais c’est un voyage intérieur : l’action se déroule dans la pièce que décrit la première ligne : “Naked on the toilet and with a toothbrush in his mouth”. Tout le reste se passe dans la tête du personnage alors qu’il perd l’esprit, et il est affamé et frustré, il voyage dans le temps et se confronte à cette divinité, ce qui lui donne une épiphanie quant à sa place dans le monde, et le fait qu’il ne devrait pas placer ses espoirs dans autre chose que dans ses similarités avec les autres créatures de la terre. C’est un genre d’histoire humaniste.

As-tu pensé à des lieux en particulier ?

Des chansons sont inspirées de parties du Canada, mais surtout par des régions que nous survolions en tournée, comme Singapour ou l’océan indien.

Il est souvent question de sens dans tes chansons, d’un rituel auxquel manquerait un sens, d’un message qui ne signifie rien pour toi…

Le message dans Passing a Message, c’est en quelque sorte l’ADN. La chanson évoque une femme qui travaille dans un nighclub du Burj Khalifa à Dubaï, le plus haut gratte-ciel du monde, et elle n’est pas heureuse, elle commence à rêver à l’évolution des espèces et à son propre sort, tentant d’élargir son esprit pour échapper à ce boulot horrible. Au début elle est dans le nighclub, et elle regarde du base-ball à la télévision, quelque chose qui ne signifie plus rien pour elle tandis que les images d’un poisson spatule et d’une salamandre lui viennent en tête, des animaux qui n’ont presque pas évolué depuis des millénaires, et elle se dit qu’elle ne vaut pas mieux qu’eux. La démo de cette chanson devait faire dix minutes… Et on avait commencé par y utiliser l’échantillon d’un discours de Nixon ou moment du Watergate, mais on s’en est débarrassés avant d’avancer sur l’album.

Dans The Bell, il y a un ‘chien endormi’. Et dans Rythm Composer, un ‘chien ancien’. On croirait à des créatures mystiques qui marchent entre la réalité et un monde de rêves.

Dans Rythm Composer, le chien représente l’abysse, le point ou tout se perd. L’image du ‘chien noir’ est vraiment ancienne. Winston Churchill l’avait utilisée. ‘Le chien noir dans ton dos’, cela signifie la dépression. Le ‘chien endormi dans le dialogue’ se réfère plutôt aux choses qu’on ne peut exprimer. C’est une métaphore.

jeudi 24 janvier 2013

VILLAGERS - {Awayland} (2013)


OO
envoûtant/inquiétant/audacieux
indie rock/folk/électronica


Conor o’Brien, qui chante et joue de la guitare chez Villagers, projetait déjà auparavant dans ses chansons des humeurs diffuses et intangibles, assez peu rassurantes..
O’Brien usait déjà auparavant d’un large panel d’arrangements et de rythmes, même s’ils n’étaient pas encore électroniques, comme sur ce nouvel album. Sur “Becoming a Jackal” (2010), on suspectait déjà qu’O'Brien d’avoir une idée précise de ce qu’il souhaitait voir Villagers dégager en termes de sensations, même s’il n’il atteignait pas toujours son but. Ici on se laisse immerger.
C’est un groupe aux chansons conçues pour dégager une atmosphère particulière, littéraires et introspectives mais parsemées de phrases étrangement séductrices. Coiffé de son déguisement contemplatif, voire évanescent, Villagers est pourtant un groupe ancré dans une réalité sensuelle, avec les inquiétudes du corps comme plaque tournante de son imaginaire.

Voir ma chronique intégrale sur INDIE POP ROCK

mardi 27 juillet 2010

Villagers - Becoming a Jackal


Sur Pieces, l’irlandais Conor O’Brien chante : « I’ve been in pieces/In the corner of a room/In an endless afternoon.” On pense immédiatement à Daniel Johnson, le poète américain de la six cordes et du crayon de couleur, resté enfant quand tout le monde a grandi, quand tout le monde est devenu utile. En attente d’une idée, Johnson reste assis sur sa chaise sans penser à rien en particulier. Les après-midis peuvent alors effectivement être très longues. Mais ce qu’il sait le mieux faire, c’est ce lancer, au piano, au chant ou au dessin, sans savoir où ça va le mener ; tout devient alors de l’art. S’il doit créer, il le fait toujours seul. « Je suis terrifié par les groupes, je fais tout tout seul », remarque de son côté O’Brien. Même si lui et son projet solo Villagers sont bien plus équilibrés que Johnson, on ne peut s’empêcher de voir dans cette une nouvelle fabrication artisanale, fragile, et dont la crédibilité est souvent sur la corde raide. L’arme de O’Brien ? Une beauté et une évidence lyriques à toute épreuve. Il remet les choses à plat, apporte une fraîcheur, chante comme s’il s’était soudain trouvé au point auquel il fallait que ça sorte. « Mes chansons sont autant une surprise pour moi que pour n’importe qui d’autre » « C’est inutile d’écrire des chansons si vous ne ressentez rien en dehors de vous qui ait pris le contrôle ». Les chanson accompagne un changement. « S’il elle a un thème, c’est le changement – physique, émotionnel et spirituel. Grandir, gagner et perdre des amis… les gens peuvent devenir amers, et c’est ma façon de m’assurer que je ne le deviens pas ! »

Il y a de-ci de-là des phrases magnifiques, et on s’aperçoit rapidement que O’Brien écrit de bonnes chansons, de celles qui sont susceptibles d’éveiller l’attention et de susciter notre intérêt au-delà de l’écrin musical qui les enveloppe. Il est souvent question d’amitié, d’amour (« My love is selfish/And i bet that yours is too »), de possession, et de recherche de vérités (« What is this peculiar word called truth ? ») mais encore une fois les métaphores ont ce lustre nouveau, et font, rien que de ce point de vue, de Becoming a Jackal un très bon premier disque. Ship of Promises, The Meaning of The Ritual… ce sont des émerveillements plus que de simples tranches de sentiment. « J’ai l’impression qu’une fois que vous êtes un peu plus vieux, une fois que vous êtes au milieu de la vingtaine, ce n’est pas vieux mais différent que d’avoir 19 ans. C’est cinq années importantes. Ca vous fait réaliser que ce n’est qu’un autre morceau du reste de votre vie. Vous ne devriez pas le prendre trop sérieusement. Quoi qui sorte, que ça sorte. Si ça sort, vous allez avec ça, plutôt que de retenir les choses parce que vous pensez que ça pourrait être une erreur ». Les thèmes sont ainsi abordés la furtivité d’un état transitionnel, même si une chanson comme I Saw The Dead paraît plutôt définitive. Il y a des chansons qui semblent retenir l’auditeur, lui couper le souffle, et d’autres qui le laissent aller à une certaine plénitude.

Pieces est le point de non-retour de l’album, l’avant-dernier morceau. (Encore) une ballade splendide, peut-être l’un des morceaux que l’on aimera le plus rapidement. On pense à Arcade Fire, Parce que les orchestrations on ici la même teinte. Ailleurs, la musique est plus baroque, se rapproche parfois de Owen Pallett – sur un morceau comme Home notamment. Comme ce dernier, O’Brien arrange à merveille, utilise les cordes de pianos, de guitares, de violons et violoncelles en intelligence et en osmose. Pieces s’envole de plus en haut, jusqu’à ce qu’O’brien se mette à hurler au loup avec une conviction, un dévouement jamais atteint sur disque. Et l’orchestre amené de sa seule main se termine en cacophonie primale. Sa voix est entre celle de l’autre Conor (Oberst), et il est évident que ces deux-là, drôle de coïncidence, ont beaucoup en commun. Le même sens de la liberté, la même conscience de ce qu’un disque réussi està la fois spontané et construit, soigné.

En live, Villagers devient un quintet. « Les concerts sont une des choses les plus excitantes pour moi, tant que la musique se transforme. De nouvelles lignes sont prises en compte et certaines choses sont délaissées. Mais j’ai toujours préféré l’écriture solitaire. La nuit, quand personne ne vous contacte. Vous éteignez votre cerveau, et vous allez dans des endroits ou vous n’iriez pas autrement. » Jusqu’à ce hurlement de loup qui est une formidable déclaration de vie artistique, Becoming a Jackal est un album nocturne plutôt que crépusculaire. Les limites n’y sont pas claires, mais la sensibilité constante ; avec l’humeur comme guide - et plus on s’y plonge, plus il semble qu’il y ait de possibilités, de connections, de choses à partager, d’inspiration ; c’est, pour les musiciens que nous sommes, nous autres amateurs de musique avant tout, une aubaine.

  • Parution : mai 2010
  • Label : Domino
  • Genre : Folk, Orchestral
  • Producteur : Conor O’Brien
  • A écouter : Ship of Promises, The Meaning of the Ritual, Set the Tigers Free

  • Note : 7.25/10
  • Qualités : self-made, lyrique, soigné

 
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