“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

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jeudi 13 décembre 2012

Best of 2012 - 6 ème rang albums #22 à #25

 
Au final, Love This Giant, se rapproche, sans surprise, davantage d’un album des Talking Heads que de Strange Mercy, le dernier St Vincent. Cette suprématie d’un groove funky qui n’a pas vieilli joue en faveur de l’album, et permet au duo de révéler encore davantage leur approche commune de la musique. Leurs excentricités, leur façon méthodique, leur exactitude, leurs approches stratégiques de l’écriture et leur talent à extraire l’émotion du processus même de création musicale sont des forces conjurées avec un plaisir si palpable à la création de Love This Giant que l’album surpasse la somme de ses talents comme celle de ses moments d’étrangeté et de grâce. Byrne semble revitalisé par l’expérience.
 
 
Même s’il ne dépasse jamais vraiment les frontières de la formule établie il y a longtemps, I Bet On Sky, plus court et donc plus digeste que son prédécesseur, explore doucement de nouveaux tempos, de nouvelles textures, et s’écoute avec plaisir, ne serait-ce que pour sa dynamique. De longues ballades électriques à la mélancolie intense, ponctuées en fin de face (sur le vinyle) par les compositions plus urgentes de Lou Barlow bassiste au demeurant qui apporte, ni plus ni moins, sa touche ‘Sebadoh’ (un groupe qu’il a contribué à créer dans l’intervalle) pour changer épisodiquement le ton d’I Bet On Sky.
 
 
Leur musique vous hypnotise plutôt que de vous assommer, et vous plonge au coeur de la bataille qui se joue et qui consiste sur le papier pour l'un des deux protagonistes à harasser l'autre, à le pousser dans ses derniers retranchements. Ce n'est que lorsque le duo joue pour de vrai, comme ici, que viennent interférer, de surcroît, des esprits venus d'un autre monde, ou alors une tempête de cerveaux télékinétiques .
 
 
Leur grosseur n’empêche pas le groupe d’avoir une certaine subtilité. Les paroles sur Handwritten semblent plus personnelles que jamais, et c’est peut-être ce que présageait le titre de l’album. Too Much Blood évoque la relation entre sa vie privée et son besoin d’évoquer des expériences personnelles pour continuer à alimenter les chansons du groupe. . “If I put too much blood on the page / And if I just tell the truth / Are there only lies left for you?” Une chanson que l’on peut replacer dans son contexte en se souvenant qu’au terme du précédent disque, American Slang (2010), Brian Fallon avait reconnu qu’il ne savait pas s’il serait capable d’écrire de nouveaux textes pour un futur album.

jeudi 27 septembre 2012

Lightning Bolt - Oblivion Hunter (2012)





Parutionseptembre 2012
LabelLoad Records
GenreNoise rock
A écouterKing Candy, Fly Fucker Fly
O
Qualitésspontané


La plupart des groupes finissent par tomber dans le consensus inévitablement tendu quand trop de musiciens utilisent les mêmes techniques et finissent par arriver aux même fins, ne faisant plus que se croiser et produire des albums se ressemblent tous les uns les autres.
Et il y a Lightning Bolt, l’un de ces projets un peu fous que son approche musicale interdit de ressembler à quiconque. Avec une élémentaire simplicité et beaucoup d‘astuces tenant presque du bricolage, une basse au son kaléidoscopique et une batterie vitaminée par des procédés électroniques, et aussi avec une façon de jouer qui emprunte aux formes improvisées aussi bien qu’à l’insistance hypnotique de la musique électronique, Lightning Bolt se démarque. Wonderful Rainbow (2003) puis Hypermagic Mountain (2005) alliaient densité de barrage et grande diversité de son et d'ambiances. Ils exploraient des plans musicaux sophistiqués à travers leur force compacte et leur fureur punk, segmentale et élémentaire, féroce, accérée. On ne se rend pas toujours compte de la finesse du séquencement, du découpage, du modelage musical à l’œuvre, mais on admire sans réserve possible Lightning Bolt pour leur endurance, leur héroïsme instrumental, ici le mieux illustré par treize minutes de fusion ininterrompue sur World Wobbly Wide. Une constante : écouter dans quel chaos leurs morceaux naissent, puis meurent, en dit aussi beaucoup sur ce qui les rend fascinants.
Si par le passé on a pu détecter des bribes de musique metal ou d'autres musiques chez Lightning Bolt, Oblivion Hunter, une compilation d’exercices cataclysmiques et transcendantaux enregistrés en 2008, n’est plus une question de genre musical, mais simplement de noise music. C’est une affaire de production – ou plutôt de son absence - un disque qui vous tétanise par ses textures brutes, un maelstrom dans lequel les talents du duo sont livrés au gâchis et au chaos tout en dessinant parfois des chemins de traverse toujours inventifs. Oblivion Hunter est souvent si convaincant qu’il parvient à éviter d’exsuder la frustration, dans une pratique qui consiste pourtant à forcer l’auditeur à l’écoute de titres mal enregistrés, abandonnés par moments à la recherche d’une apogée sonique qui n’est peut-être pas atteinte.
Avec son air de démonstration, de phase préparatoire, Oblivion Hunter capture la spontanéité du duo en concert et nous projette au cœur de la jubilation que constituent ces moments de franche camaraderie, de l’avis général de ceux qui ont pu en vivre. Il nous oblige parfois à tendre l'oreille pour trouver les syncopes ultra-rapides de Brian Chippendale à la batterie, instrument sur lequel il se tient coude à coude avec Zach Hill. Au démarrage de Fly, Fucker, Fly, on s'attend à ce qu'MC RIDE (Death Grips) nous prenne à parti. Cette chanson, la plus formée de l'album, contient des mots presque intelligibles de Chippendale. King Candy et Oblivion Balloon imitent aussi la forme de vraies chansons. Leurs riffs métalliques et la voix soigneusement délayée de Chippendale évoquent une fois interprétés la façon brutale d'un doppelganger sournois tentant de tromper une proie. Lightning Bolt a une ombre tapie au fond, quelque chose de caverneux qui ne se manifeste qu'au plus fort de sa stridence, de sa frénésie.
On avait autrefois du mal à croire que la musique ne soit truquée par des moyens électroniques ; avec Oblivion Hunter, la réalité de sa conception saute au yeux plus rudement que jamais. Leur musique vous hypnotise plutôt que de vous assommer, et vous fait fouiller, toujours davantage, les tréfonds de la bataille qui se joue et qui consiste sur le papier pour l'un des deux protagonistes à harasser l'autre, à le pousser dans ses derniers retranchements. Ce n'est que lorsque le duo joue pour de vrai, comme ici, que viennent interférer, de surcroît, des esprits venus d'un autre monde, ou alors une tempête de cerveaux télékinétiques .

dimanche 13 décembre 2009

Lightning Bolt





Duo turbulent de Providence (Rhode Island). La formation initiale comptait bien un guitariste et chanteur, mais qui ne fut pas remplacé lorsqu’il décida de quitter le groupe. On peut se demander ce à quoi Brian Chippendale pensait quand il décida que, dorénavant, il s’occuperait du chant en plus des fûts. Le corps sec et nerveux, le voir  en concert revient à assister aux premières avancées d’une guérilla descendue de sa montagne  - où elle a déjà tout fait péter - jusque dans centre-ville,  par une brèche qui peut aussi bien être une faille temporelle – leurs instruments étant transformés en outils de science-fiction. 

Avec son acolyte Brian Gibson, ils sont de la Rhode Island School of Design. Pourtant leur propre conception du confort et de l’espace laisse à désirer. Sur le plan des concerts, le public à tendance à empiéter fortement sur leur espace vital. 

Alors que le succès scénique du groupe s’intensifie, Chippendale et son colocataire et compagnon d'école Matt Brinkman commencent à mettre en place Fort Thunder, un hangar désaffecté situé dans le quartier Olneyville de Providence. Le lieu sert de local de répétition à des groupes et musiciens d'avant-garde locaux, notamment Brian Ralph, Arab on Radar ou Lightning Bolt.

Compressé, agressif, plein de riffs répétitifs et de roulements de caisse échevelés, le son Lightning Bolt secoue méchamment. Bolt est propulsé à une vitesse qui frise le téléport d’atomes, ce son est la capture d’un chaos à peine maitrisé dans une boîte de taille deux fois inférieure à celle prévue. 

Suite à de longues tournées nourries d’improvisation, Lightning Bolt va signer chez Load Records, avec la révélation qu’il peut faire des disques de cette énergie en forme d’orbe rageur en guise de musique. Dès lors, inutile d’essayer de les freiner avec votre semelle ; les disques s’enchaînent. Wonderful Rainbow, Hypermagic Mountain et Earthly Delights sont les plus récents, qui permettent à vos speakers d’importer tous les parasites par d’autres révolus d’un son devenu chez d’autres clair et sans tâche. 

Un retour au grain le plus acide qui n’empêche pas les compositions quasi-instrumentales et frénétiques du duo d’être d’une précision millimétrée, et de marier de nombreuses influences. Ainsi, le noise rock japonais croise la country sur leur nouveau disque, et ils citent des influences Philip Glass et Sun Ra. 

L’inventivité est aussi au rendez vous pour élever influences et énergie folle vers des endroits toujours plus originaux et extrêmes. Pour chanter, Chippendale se sert ainsi d’un micro de téléphone plutôt que d’un micro conventionnel, ce qui compromet beaucoup ce que l’on peut comprendre des paroles effectivement chantées. Surtout qu’il est connecté à un boitier qui altère la voix de manière à la faire ressembler au cri de la police spatiale. L’électronique lui permet aussi  de densifier son jeu de batterie déjà ultra-rapide. 

Quand à Gibson, il joue de sa basse accordée comme un violoncelle, et y met une corde de banjo pour faire bonne mesure. Malgré cette exigence particulière à l’égard de l’expressivité de leurs instruments et  l’utilisation particulièrement technique qu’ils en font, Lightning Bolt attribue surtout son succès au fort volume de leur concerts. A voir live avec The Power of Salad (2003), concert enregistré. 

 

samedi 21 novembre 2009

Lightning Bolt - Earthly Delights (2009)




Parution13 octobre 2009
LabelLoad records
GenreNoise rock, metal, instrumental, exprimental
A écouterSound Gardians, Flooded Chamber, Funny Farm
/107,25
Qualitésintense, ludique, original

Condensé. Brut. Sismique. Bruitiste. Les mots qui viennent à l’esprit pour décrire cet album ne manquent pas. Une écoute répétée les fait monter à l’esprit, transforme notre tête en casserole écumante ou se pressent sentiment d’agression et jubilation. Avec Sound Gardians, morceau hyper saturé qui laisse crainde rapidement une lourde fatigue auditive, Lightning Bolt fixe les règles ; recréer avec un duo basse/batterie cette nova brûlante qui leut sert de nom, dégager un espace à eux, se protéger d’ultra-agressivité et fuir en super-vitesse vers d’hallucinantes poignées de riffs tournoyants et répétitifs, tout en développant une diversité de styles et de genres – une prétention qui n’est possible à viser qu’à un train suffisamment élevé, énervé, délirant et glouton.

Le duo a exploré, en un poignée de disques et quelques années de collaboration avec sa maison de disques Load Records, les gisements d’une brèche sonore qu’il n’est pas près d’abandonner, se contentant de changer, plusieurs fois par disque, la tête de son marteau-piqueur. S’engouffrer avec eux nécessite de contrecarrer vos dernières habitudes -  au risque de susciter votre réticence. Lightning Bolt est pourtant de ces groupes à la violence exacerbée et enivrante qui nous font souhaiter d’en devenir nous–mêmes les acteurs, plutôt que d’en être des spectateurs. Nine Inch Nails en fait partie, mon témoignage portant sur le souvenir d’un concert aux Arènes de Nimes cet été 2009 -, et il y a bien de l’indus dans ce duo de Rhode Island.

Lightning Bolt est de ces groupes à la violence exacerbée et enivrante qui nous font souhaiter d’en devenir nous–mêmes les acteurs, plutôt que d’en être des spectateurs.

Earthy Delights mord dans le genre métal – Sound Gardian, Nation of Boar, Transmissionnary ont des relents de Motorhead démultiplié en nombre et en vélocité - mais embrasse à chaque étape une nouvelle influence, comme s’il y avait la recherche d’une source de mana – comprendre d’alimentation magique - en même temps qu’une investigation là dans la musique nord-africaine (Sublime Freak), ici développant des accents country (Funny Farm) ou encore s’exprimant à la façon d’une formation japonaise extrême sur le curieux S.O.S., morceau comme une lame violente qui débute et se termine par un bruit de sirène. Les explorations à Fort Thunder, garage de Providence, dans l’état de New York, réussissent particulièrement à Lightning Bolt.

Le mystère du duo Lightning Bolt, c’est qu’avec ce qui apparaît comme un bassiste – Brian Gibson – le groupe parvient à émettre des salves hallucinantes de riffs certes lourds, mais clairs et tranchants, et à y mêler feedback et échantillons – on suppose - jusqu’à créer structure mouvante et d’une précision sonique qui va crescendo au fur et à mesure que l’on grimpe dans les aigus – un bassiste serait capable de ça ? Dans le peu d’espace qui lui est dévolu pour jouer – lors de concerts particulièrement survoltés dans lesquels le duo est piétiné par un public qui n’est même pas retenu par des barrières – Brian Gibson doit trouver une pédale d’effets à la hauteur des cathédrales agressives qu’il charrie. Le batteur, quand à lui, est tout bonnement possédé et les formats ouverts que proposent la majorité des titres lui donnent le pouvoir d’en découdre avec touts la personnalité survoltée dont il est capable. 

Le résultat du travail qui reste souvent simplement le fruit d’improvisations autour d’un seul gimmick offre un véritable challenge pour l'auditeur. L’intérêt pour leur musique est même décuplé par les contraintes- structures, formats assez courts - même Transmissionnary fait preuve d'intelligence plutôt que seulement d'endurance. Les quelques paroles devinées et englouties par le mixage et les échos renforcent la sensation qu’il s’agit de pièces qui gardent une lointaine parenté avec du rock’n roll.

Générant un véritable changement chimique dans le corps de l’auditeur, le duo peut être assimilé à des lanceurs de sorts, des magiciens d’un nouveau genre ; des chamans technoïdes, des fervents guerriers dont le combat se situe dans cet espace restreint qu’ils tentent de recréer, à leurs risques et périls – c’est un spectacle qui nécessite de l’endurance, et, à un certain point dans la recherche de l’alchimie, du masochisme.

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