“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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vendredi 14 décembre 2012

Best of 2012 - 5 ème rang albums #17 à #21

 
 
Sinead O'Connor - How About I Be Me (And You be You) ?

Il y a quelque chose de tellement fondamental dans cette collection de chansons pleines de tempérament, traversées par d'étonnantes envies de célébration. Au milieu de l'album, The Wolf is Getting Married semble être conçue, justement, pour les playlists de mariage : écoutez celle-ci pour éviter de sombrer dans les travers habituels de l'artiste. « yeah laugh/make me lugh/yeah joy/ give me joy » Outre cette chanson, le bonheur se voit draper d'un drapeau vert-blanc-rouge et abandonner au cortège des histoires d'une vie divisée, fracturée.
 

Todd Snider - Agnostic Hymns and Other Stoner Fables
 
Agnostic Hymns est un mélange de recul, de déception, d’agressivité, d’humour à l’emporte-pièce qui ne peut venir que d’un homme qui se sent profondément bafoué, démoralisé par moments devant l’état du monde, mais dont le souhait est de toujours se donner une nouvelle chance de repartir sur de bonnes bases. Cet album révèle tout le talent de Snider non seulement pour le pamphlet, mais comme raconteur d’histoires, de relations, comme puits inattendu d’affection et de dérision mêlées. Snider a le don de transformer l’injustice du monde en arme pour avancer.
 
 
Julia Holter - Ekstasis
 
Les synthétiseurs prédominent, soulignés d'instruments classiques (violon, marimba, saxophone), tandis que sa voix, très présente, apparaît parfois en plusieurs plages simultanées qui s'entrecroisent. Si la compositrice est à l'aise avec les sonorités réparatrices, les résolutions heureuses (Moni Mon Amie), les morceaux vastes et profonds (Boy in the Moon), Ekstasis n’opère pas simplement comme une vague musicale dans laquelle on se laisserait berçer ; il produit de petits instants, fait éclore la grâce de compositions parfois austères, une clé mélodique au terme d'une dépression. L'auditeur ne s'abandonne jamais en vain, il est toujours récompensé.
 

Jesca Hoop - The House That Jack Built
Ce nouvel album est structuré autour de puissants points-clefs : le premier single Born To, qui le propulse (une chanson qui interroge les hasards de fortune qui font que certains ont toutes les chances et d'autres rien selon les circonstances de leur naissance), Peacemaker et son « fuck me babe » bizarre mais sexy quand même, Hospital (With Your love) et son refrain bleu et rose « Il n'y a rien de tel qu'un bras cassé pour gagner ton amour », et plus loin, Deeper Devastation. D'autres chansons sont plus étonnantes, telle When I'm Asleep. « Quand je m'endors/tu n'es plus personne/je ne suis plus nulle part"

Christian A Tunde Adjuah - Christian Scott
 
Le jeune trompettiste néo orléanais Christian Scott mêle les phantasmes d'avenir de sa ville et les siens propres, semblant préfigurer les cinq ou six prochains mouvements de sa carrière avec cet album fleuve. Impossible à écouter d'une traite, l'album vaut ne serait-ce que pour l'évidence déchirante des morceaux New New Orleans ou The Berlin Patient. Il semble emprunter ses spirales mélodiques anxiogènes au Radiohead urbain de Amnesiac (Pyrrhic Victory of a Tunde Adjuah) aussi bien que ses beats au hip-hop (notament dans ses interludes). On y trouve aussi de vrais moments de mélancolie, rendus possible par la capacité rare d'Adjuah à produire des notes plus rondes que la plupart des autres trompettistes.
 


mercredi 20 juin 2012

Jesca Hoop - The House That Jack Built (2012)







Parutionjuin 2012
LabelBella Union
GenrePop, indie rock
A écouterThe House That Jack Built, Born To, Deeper Devastation
°
Qualitésfrais, doux-amer, féminin


Jesca Hoop tient un blog sur lequel elle fait état de ses rêves. Elle semble aussi capturer les souvenirs et les sensations dans des objets ou des vêtements – des charmes. D'autres font sans doute rimer boule de crystal, cartomancie ou parapluie volant avec chansons. Cependant ils ne choisissent que rarement de se lancer avec autant de mordant, de sensualité, dans une carrière musicale. Hoop l’a testé pour vous : ça fonctionne ! Elle a même suffisamment de crédit pour réaliser les vidéos pleines de rituel que demandaient son imagination : The Kingdom, tirée de son précédent album Hunting My Dress, et Born To, en provenance de son nouvel album. Encore une fois, d’autres font de même. Cependant ceux là n’ont pas démarré leur carrière comme nounou chez Tom Waits.
The House That Jack Built comble de joie l'auditeur amateur de voix nouvelles et de pop-folk racée ; puis le détourne un peu, à cause de la trop grande clarté des arrangements et la direction très pop de certains morceaux ; puis charme de nouveau. Musicalement, la simplicité est la clef ici ; Kismet (2007) et Hunting My Dress (2009), les deux premiers albums de Hoop, étaient, en comparaison, tarabiscotés. Ce nouvel album est structuré autour de puissants points-clefs : le premier single Born To, qui le propulse (une chanson qui interroge les hasards de fortune qui font que certains ont toutes les chances et d'autres rien selon les circonstances de leur naissance), Peacemaker et son « fuck me babe » bizarre mais sexy quand même, Hospital (With Your love) et son refrain bleu et rose « Il n'y a rien de tel qu'un bras cassé pour gagner ton amour », et plus loin, Deeper Devastation. D'autres chansons sont plus étonnantes, telle  When I'm Asleep. « Quand je m'endors/tu n'es plus personne/je ne suis plus nulle part ». Ode to Banksy, Dig This Record et DNR sont encore plus intrigantes. Le plus impressionnant avec Jesca Hoop, est sans doute la manière dont elle écrit et applique ses propres règles.
La chanson-titre, The House That Jack Built, est pleine de quiétude et de beauté. Deeper Devastation balaye la terre de chaud et de froid, et culmine sur un refrain choral envoûtant : « Under the power of our one and only sun”. La musique de Jesca Hoop n'a jamais été aussi versatile en termes d'échelle, de l'intime à la largesse, et la déportation depuis Hospital jusqu'à la chanson titre est importante. Mais au coeur de son écriture reviennent toujours comme repères les éléments naturels – à l'image du premier single, Born To. “Spin her out of dust into rock and fire/Oh holy water/Throw her to the earth/Through the burning air”. Les quatre éléments sont cités, ils dessinent le cadre dans lequel Hoop opère comme une sorte de déesse mineure. Comme le suggère Born To, les bases, les origines sont aussi importantes que les destins, les destinations. Hoop échappe largement à la monotonie de connaître le début et la fin de l'histoire en se réfugiant dans la dimension présente, faite de la poésie abstraite des sensations et des situations. Trois ans, passés depuis Hunting my Dress, sont un long présent à compiler. Dans cet album dense rien n'est laissé au hasard. Trois producteurs y ont contribué, découpant, on l'imagine, dans les idées de la chanteuse pour rendre l'ensemble plus digeste. Le séquencement est tel qu'on n'a pas un instant de répit.

Le vrai, beau trouble est éffleuré avec la plus belle chanson de l'album, Deeper Devastation “Tu ne peux faire confiance aux hommes pour faire ce qui est juste.” Mais pour Hoop, ça ne ressemble pas à une vérité plus fondamentale que, disons, les souvenirs d'enfance dans Hospital (With Your Love) ou son amour pour Jacques Cousteau évoqué dans Ode to Banksy, qui parle comme souvent de plonger plus profond, de remonter plus loin  dans les des rêves et les souvenirs – pour le reste, il vaut mieux refuser d'associer “IL n'y a plus tellement d'idée dans ma plume” et “les bombardiers suicidaires ont simplement besoin d'une étreinte”, par exemple. Le communiqué de presse de l'album évoque des thèmes précis – la vie et la mort, le sexe et la guerre (d'ou le champignon de la belle jaquette ?), l'esprit et le coeur. L'inspiration de Jesca Hoop est un peu foutraque, mais dans le fond il y a une matière qu'elle sait remuer à même la terre des réalités, qui façonne, et le sable des souvenirs, qui s'écoule – avec le vent et le soleil comme alliés. When i'm Asleep est comme une dernière bourrasque.

dimanche 13 décembre 2009

Jesca Hoop - Hunting my Dress (2009)






Parutionseptembre 2009
LabelColumbia
GenreFolk alternatif
A écouterThe Kingdom, Angel Mom, Murder of Birds
/106.25
Qualitésoriginal, groovy,

Sur Murder of Birds, l’un des titres du nouveau disque de Jesca Hoop, Guy Harvey, de Elbow, participe. C’est peut être un hasard, mais pourtant Hunting my Dress est plus crépusculaire que son prédécesseur, et la formation de Harvey est bien connue pour faire surnager une humeur de grande mélancolie dans sa musique.La jeune artiste californienne décidait, entreprenant ses premières coupures, de créer une musique hybride entre jazz des années 30, hip-hop et folk ; ce dernier genre, on le sait, est clairement celui par lequel on peut créer sa propre identité avec le plus d’aisance. C’est dans le mélange que Jesca Hoop a trouvé sa voie, alors qu’elle réapprenait à chanter d’une manière qui lui seyait mieux – elle a pourtant su chanter avant même de savoir parler. En réalité, elle souhaitait habiter des univers presque fabriqués pour elle ; entre Walt Disney et Jim Harrisson.
La production est musclée, mais respire aussi. Whispering Light est animé par un cœur étrange, candide, tandis que court une guitare entétée. On pense à Elvis Costello. Il y a peut être dans ce mélange nouveau, culminant sur Feast of The Heart, un peu de la bizarrerie des années 80 – quelques éléments électroniques soulignant que le voies empruntées par Hoop sont voulues plutôt neuves, malgré ses airs de Dalva. Les basses et les guitares sont incisives. Cela en conservant un sens aigu de l’intimité, en multipliant les murmures, les prises de voix.

Il me semble que le disque souffre d’un manque de cœur. C’est sans doute la manière de Hoop de ne pas incarner ses morceaux, mais de les peindre avec une distance un peu perfectionniste ou cérémonieuse. Cela ne retire rien à son talent, qui réside surtout dans a manière qu’elle a de faire sauter les frontières, et à la longue à imposer son style, comme un coup de pinceau particulier ; c’est celui de Tulip ou Four Dreams, genre de canevas étiré qui joue plusieurs mélodies et interprétation tendue, cassante qui donne un vrai mouvement.
 
Hunting my Dress est assez compact, vite exécuté – il n’a pas le pouvoir apaisé d’un disque de folk, souvent plus lent à se mettre en place. Malgré quelques  échos étourdissants, ce disque perd en profondeur ce qu’il gagne en courts moments de bonheur. Les refrains sont son point fort, en dehors peut être de Angel Mom, suffisamment réussie dans un style plus lent, beau et habité que le reste. Ailleurs, sur The Kingdom par exemple, ce sont quelques instants isolés qui comptent, qui nous y font revenir.

 

samedi 28 novembre 2009

Jesca Hoop - Kismet (2007)


















Parutionseptembre 2007
LabelColumbia
GenreFolk alternatif
A écouterSeeed of Wonder, Money, Intelligentactile
/106.75
Qualitésoriginal, groovy, soigné


C’est la deuxième chanson, Seed of Wonder  – avec Stuart Coppeland, de The Police, à la batterie - , qui fut envoyée par Waits à l’attention d’un découvreur influent de Los Angeles avat que celui-ci ne le passe à la radio. Le refrain est séduisant, la section rythmique versatile qui évoque Rain Dogs (1985), le disque qui fit de Waits un conteur excentrique et exotique après qu’il se soit débarrassé de sa réputation de pilier de bar. Les difficultés mélodiques se concilient à merveille avec ses ambitions à produire un 'son' plein d’appel. Hoop entretient des connections avec la nouvelle scène folk américaine en pleine expansion, partageant l’étonnante maturité de leurs meilleurs éléments.

Les paroles sont imagées, la passion prenant les formes d’un paysage pastoral.  Il y a beaucoup de tendresse dans les évocations de ce disque, où Jesca Hoop propose de « s’aimer et de s’aimer encore ». Elel nous surprend dans chaque  recoin d’impressionnantes architectures de pop folklorique. Les qualités esthétiques de Kismet sont celles qui frappent le plus en premier lieu, et les thèmes des chansons se révèlent tout aussi intéressants. Hoop semble signifier : il est temps de se replonger dans ces anciens contes, ceux que l’on raconte encore aux enfants mais de manière bien trop naïve et sans relation avec leurs préoccupations. Elle leur redonne tout leur ruguosité, en faisant les connections avec ses propres désirs. C’est un genre de réponse à l’éducation de sa famille Mormone, pour qui des valeurs telles l’argent (Money) sont taboues. Ici, elle tient à donner son avis sur la situation du musicien tenté par le succès : « Si tu veux y appartenir, écris un classique».
L’Amérique est bourrée de talents spontanés, d’artistes dont les chansons succèdent à la pensée avec une apparente facilité et produisent un résultat jubilatoire. Jesca Hoop en fait partie, sans doute possible. Issue d’une famille de Mormons, elle fut animatrice auprès d’enfants à problèmes un sein d’un programme « découverte nature », avant de devenir la nounou des enfants de Tom Waits et Kathleen Brennan -   est pourtant bien tournée vers le présent, et vient de marquer le second pas d’une carrière d’ores et déjà impressionnante. Une série d’heureuses rencontres lui permirent de révéler rapidement un talent pour l'écriture de chansons. Waits dira de sa musique : « c’est comme nager dans un lac la nuit », commentant ainsi sa sensualité rude et sauvage. Summertime s’ouvre avec une guitare froide et des chants de corbeaux… avant que la voix aux accents chauds de Hoop ne lance un morceau plutôt sautillant en enlevé.



Jesca Hoop




Jesca Hoop est une parolière et compositrice américaine née au sud de la Californie de parents Mormons. Elle grandit chantant des chansons de folk traditionnelles. Elle s’émancipa de son éducation en travaillant comme animatrice lors de stages de découverte naturelle pour les enfants en difficulté, puis fut la nounou des enfants de Tom Waits et Katthleen Brennan.

Avec l’intérêt que lui portait Waits, Jesca Hoop gagna expérience et renommée, après qu’elle eut montré son talent de composition évident. Ses chansons sont souvent très sophistiquées, tout en restant irrésistiblement pop. Son premier disque alterne morceaux complexes et plages plus centrées sur l’émotion. Elle cite parmi ses influences Kate Bush et est fortement connectée à des artistes comme Natasha Khan (Bat for Lashes), Pj Harvey et Tom Waits, bien entendu.

En 2007 elle partit en tournée avec les Polyphonic Spree, en 2008 avec Elbow et Mark Knopfler (Dire Straits), et en 2009 avec Greg Laswell. Hoop a fait paraître deux disques, Kismet en 2007 et Hunting My Dress en 2009.


Discographie

  • Kismet (2007)
  • Hunting My Dress (2009)
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