“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) ludique (60) poignant (60) envoûtant (59) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) efficace (29) orchestral (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) Ambigu (10) épique (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

Affichage des articles dont le libellé est Interscope. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Interscope. Afficher tous les articles

samedi 30 avril 2011

Tv on the Radio




Nine Types of Light

Parution : 2011
Label : Interscope
Genre : Dubstep, électro, rock alternatif
A écouyter : Second Song, Will Do, New Cannonball Run

7.50/10
Qualités : groovy, communicatif, sensuel

Le groupe dub-électro-rock aux accents soul de Tv on the Radio est né à Brooklyn au tournant du siècle, a produit son premier véritable album, Young, Bloody Thirsty Babes en 2004 et est considéré depuis quelques années, à juste titre, comme la quintessence du rock indépendant américain. Chacun de leurs albums - quatre en tout – a été accueilli comme un pas de géant pour le groupe, parvenant à évoluer sans complexe. Rolling Stone se montra dithyrambique au moment de la sortie de Return to Cookie Mountain (2006) : « C’est peut-être le plus bizarrement beau, psychédélique et ambitieux des albums de l’année», tandis que le New York Times renchérissait : « C’est plus expérimental et pourtant plus direct, plus introspectif et plus assertif, par certains côtés plus sombre et amusant, et par-dessus-tout plus riche en termes de son et d’implication. Return To Cookie Mountain est simplement l’un des meilleurs albums de l’année. » Comme il l’avait fait pour Arcade Fire, David Bowie leur donna un sérieux coup de projecteur en les qualifiant de son nouveau groupe préféré et en acceptant de chanter sur un morceau de Return to Cookie Mountain, alors même qu’il avait mis sa propre carrière en berne. «Province l’a vraiment touché car c’était une chanson bien de son temps, et que le monde avait besoin d’entendre. » « Hold your heart courageously/as we walk into this dark place », chantait Bowie. Dear Science, en 2008, n’a fait qu’amplifier le phénomène. Son pouvoir de séduction dépassait tout ce qu’ils avaient pu faire auparavant, avec des chansons au groove imparable comme Dancing Choose ou Golden Age et des voix mises en avant dans leur diversité. Il a fini en tête de liste dans nombre de classements de fin d’année.  

Considérant la frénésie qui les entoure, c’est peu dire qu’ils ont la pression pour évoluer constamment, fournir de nouvelles preuves de leur  « supériorité » martelée par les médias, mais bientôt peut-être aussi de leur sagesse politique, ou encore de leur statut de scientifiques assermentés (avec des titres comme Dear Science ou Nine Types of Light, peut-être une référence à un principe relatif à la réfraction de la lumière du soleil).  Ils peuvent s’attendre à tout, même à être soudainement dénigrés.  « A chaque fois que vous atteignez un certain niveau, les gens vont toujours penser qu’il faut que vous accomplissiez quelque chose d’autre », remarque Kyp Malone, le guitariste et l’un des deux chanteurs du quintet. Sa barbe fournie occupe un tiers de son visage et ses larges lunettes un autre quart. Sa figure est devenue l’un des signes distinctifs de la « famille ». Sur  Nine Types of Light, Tv on the Radio ne montrent aucun signe d’auto-suffisante ou de créativité en berne. Ils  prouvent au contraire qu’ils ne sont pas affectés le moins du monde par l’effervescence qu’ils ont provoquée. Mais comment font-ils ?
Tunde Adebimpe, Kyp Malone, DaveSitek et Jaleel Bunton sont très soudés, d’abord autour de leur ville de New York.  Nine Types Of Light a constitué une expérience nouvelle d’abord parce que pour la première fois ils ont enregistré hors de leurs habituels studios de Greenpoint et Williamsburg. Signe de leur attachement à leur pénates, l’expérience de Los Angeles n’a été que moyennement concluante en termes de créativité. « J’aime beaucoup LA », explique Bunton, le batteur aux dreadlocks. « Mais s’il y a une partie bohémienne dans cette ville, un endroit qui puisse être un sanctuaire créatif, nous avons résidé dans un endroit qui était exactement l’opposé. » Un autre détail qui a son importance dans le monde de l’indie rock américain ; les trois quarts du groupe ont la peau noire, et de ce simple fait ce sont révélés porteurs d’une responsabilité particulière. « C’est comme travailler à Kinko ! » S’exclame David Sitek, multi-instrumentiste et architecte sonore en grande partie  responsable de la pâte si reconnaissable du groupe depuis son premier simple, Staring at the Sun. Il fait référence à ces chaînes de magasins où travaillent ensemble des gens d’horizons divers. « Ce qui est surprenant… remarque Adebimpe, chanteur charismatique et parolier, « c’est combien c’est surprenant pour les autres ! » Kyp Malone enchaîne.  « Quand tu entends quelqu’un dire, ‘c’est l’exception à la règle, c’est genre, plus il y a d’exception, et moins la règle a raison d’exister ». C’est une chose que le groupe a discuté et réfléchi, individuellement et collectivement.  Malone reconnaît qu’il y a une certaine idée qu’ils sont ravis de partager à travers leur expérience, non parce qu’ils sont un groupe aux trois quarts noir, en réalité, mais parce que ce sont des originaux dans l’âme. « J’ai l’impression que chaque fois que les gens peuvent se voir reflétés dans la culture, que tant que nous manipulons cette idée de civilisation… Je sais que je veux que ma sœur voie toutes les possibilités qui existent hors des stéréotypes et de la merde habituelle. Donc je suis content si je fais cela pour qui que ce soit, car c’est ce que je recherchais quand j’étais enfant. » Tv on the Radio, profondément humain et attaché à la notion de famille. L’une de leurs chansons les plus délicates, sur Dear Science, s’appelle Family Tree. Récemment, une épreuve particulièrement difficile est survenue ; la mort du bassiste et compositeur Gérard Smith d’un cancer du poumon, en avril 2011, à l’âge de 36 ans. Le groupe ne tardera pas à lui rendre hommage.

Tv on The radio n’ont jamais eut le profil de gentils carriéristes ; leur musique est aussi tendue qu’elle est libérée, et ce n’est pas des décisions comme leur signature avec Interscope au moment d’enregistrer Return to Cookie Mountain (ils étaient chez Touch and Go, qui a depuis cessé de produire des disques) qui les empêcheront d’être aussi indomptés qu’ils le sont. Même Dear Science, qui a été accepté par un plus large public, se trouvait traversé par la surexcitation de ceux qui ne se reposent jamais sur leurs lauriers. C’est la condition de leur survie, de leur renouvellement dans un monde ou c’est manger ou être mangé. « En tant qu’artistes solo, nous avions été matés et on nous a répétés que nous ne servions à rien suffisamment de fois, et nous finissions par y croire. », confie Jaleel. Pour David Sitek, le passage sur un gros label s’explique par une équation simple, plus réaliste à entendre que les nombreux moments où le groupe plaisante quant à son supposé appât du gain. « On écrit de la musique parce que c’est une forme de communication immédiate. Nous sommes capables de transformer en disque ce qui se passe autour de nous, et nous voulons que ce message soit entendu par le plus large nombre de gens. » En termes de communication immédiate, il suffit de les voir sur scène pour comprendre ; si Malone et Smith restent plus réservés, Adebimpe canalise à lui tout seul une énergie extatique. Sa seule main gauche virevolte, soutenant un flow incessant, excitée par des beats bien posés.

 Aujourd’hui, quand on évoque les collaborations de membres de Tv on the Radio hors de leur groupe, c’est toujours avec une considération spéciale. David Sitek avec son projet Maximum Balloon, et auprès des Yeahs Yeahs Yeahs, des Liars, de Foals, ou encore de l’actrice Scarlett Johansson pour son excursion musicale faite de reprises de Tom Waits, Anywhere i Lay my Head (2008) (« Nous l’avons fait l’un pour l’autre, juste pour voir ce qui allait se passer ») ;  Tunde Adebimpe et Gérard Smith dans l’univers du cinéma, et Adebimpe participant au nouveau disque du groupe algérien Tinariwen ;  Kyp Malone en champion d’un certain MBAR (Miles Benjamin Anthony Robinson) qui  serait une sorte de pendant à Bon Iver, ainsi qu’en solo avec le volontairement difficile Rain Machine en 2009. Au sein de leur maison mère, ils assument ouvertement des choses que d’autres groupes dissimuleraient. Ils se présentent en ces termes sur leur site : « Tv on the Radio n’écrit pas des pop songs traditionnels. Souvent, ils changent de direction deux ou trois fois dans une chanson. » Leur son, qui emprunte notamment les structures répétitives de l’Afrobeat,  est très pensé, séquencé, mais contient aussi des moments spontanés. David Sitek confirme : « C’est vraiment marrant, l’alchimie de ce groupe. On mettra six mois à trouver le bon son de caisse claire, ou on écrira Staring at the Sun en deux jours. » 
Ils cultivent le danger, le mouvement. En live, les chansons prennent une autre tournure, l’instrumentation s’étoffe. Sur disque, A Method était en partie à cappella, tout comme Ambulance ; c’est tout différent sur scène, mais le groupe peut aussi bien créer de ces moments de quasi-silence, inspirés par le jazz, dans l’idée d’écouter le public, sa respiration, son retour sur ce qu’il perçoit.  L’un de leur traits sonores distinctifs ; ces cuivres rutilants de plus en plus puissants, qui s’immiscent partout, notamment grâce à la participation de l’ Antibalas Afrobeat Orchestra  sur Dear Science. Ce disque là a permis aux deux chanteurs, de ne plus tant chanter ensemble que d’alterner leurs prestations. Et les guitares vrombissantes d’un Wolf Like Me ouvertement sexuel ne sont pas en reste.
 Avec le temps, leur amusement pour le show-business a fondé leur réputation en interview, où ils enchérissent sur leur peau avec un brin de mauvaise foi, l’un finissant la phrase de l’autre, fondant ensemble une vision sans complaisance de leur succès tout relatif. Ils rappellent alors leurs dynamiques créatives qui font qu’un disque de Tv on the Radio n’est jamais ennuyeux ; vivacité, largesse émotionnelle, échanges vocaux. Comme en interview, ils détournent dans leurs chansons leurs engagements, préfèrent éviter d’émettre des messages. « Il y a d’autres groupes qui sont meilleurs pour lancer des slogans, et je pense que le manque de subtilité est le premier signe d’une civilisation en déclin. Nous n’essayons pas d’avoir d’emprise sur les croyances de quiconque. Nous essayons juste de faire en sorte que les gens examinent leurs propres opinions sur tel ou tel sujet. Et c’est très difficile de faire ça. C’est très difficile de laisser une fin ouverte, genre, ‘ Que pensez-vous du réchauffement climatique ? ‘ ». En public, ils donnent l’impression d’artistes désinvoltes, qui ne peuvent pas rester sérieux très longtemps ; mais empêcher que tout « interrogatoire » soit définitif leur permet de se garder des portes de sortie.  A propos de l’accueil de Dear Science, Gérard Smith remarquait en 2008 : « Ne t’inquiète pas, parce que ça ne se reflète pas en ventes d’albums ». « Si tu commences à y prêter attention, commences à y croire et à y penser, ‘comment être sûrs que nous allons faire le meilleur disque de 2045’ – qui est la prochaine fois que nous allons faire un disque – alors ça va puer. » Heureusement, malgré le hiatus annoncé en 2009, Tv on the Radio est revenu en studio avant une deadline aussi lointaine, et le nouveau statut qu’ils ont acquis dans l’intervalle leur permettent peut-être enfin d’envisager la vie sereinement.
Nine Types of Light (2011) ressemble au reflet renversé de Return to Cookie Mountain. Ce dernier avait été décrit comme “apocalyptique” par le groupe. David Sitek explique en partie les disques de Tv on the Radio par un jeu de pôles ; comment Wrong Way mettait en garde contre l’étrangeté, au début de Desperate Bloody, Thirsty Babes ; comment Wear you Out, à la fin de ce disque, jouait la carte du mysticisme, laissant l’auditeur s’interroger sur la démarche du groupe. De cette déroute volontaire, est né le fantasme d’un Radiohead américain, renforcé par le fait qu’ils soient nés  en 2001, juste après que le groupe anglais ait apparemment libéré les barrières de sa conscience avec le couplé Kid A/Amnesiac. Le véritable acte de naissance du quintet de Brooklyn fut un disque de démos distribué sous le nom de OK Calculator, en référence à Ok Computer (1997), avant que l’EP Young Liars ne les révèle en 2003.
Le premier titre du ténébreux Return to Cookie Mountain laissait encore l’auditeur dans l’incertitude. Que faire d’une chanson dont les premiers mots sont « I Was a Lover/Before this war ? ». Six ans plus tard, la chanson Keep Your Heart y donne une réplique inattendue : “If the world falls apart / I’m gonna keep your heart,”. Le point de vue s’est, en apparence, inversé. Nine Types of Light est moins inquiétant, mais il ne débarrasse pas de l’idée que Tv on the radio sont des romantiques désespérés. Tunde Adebimbe a une idée malheureuse de la signification du refrain de You, « You're the only one I ever loved » (« Tu es la seule que j’ai jamais aimée »). « C’est une chose terrible à dire à quelqu’un car ça n’est sûrement pas vrai. » Mieux vaut retenir comment l’anxiété globale est transformée en pas de dance sur No Future Shock, ou le conseil de Second Song, suggérant aux amants en mission de trouver la lumière.

dimanche 24 janvier 2010

Drive Like Jehu - Yank Crime




 Article importé de Guts of Darkness, et du à Progmonster.


"Yank Crime" est peut-être encore plus décisif que ne l'était l'album éponyme de Drive Like Jehu. Mais avec le recul, s'envoyer les deux plaques d'affilée - les deux seules enregistrées avant que Froberg et Reis n'aillent rejoindre Rocket From The Crypt, eh oui ... - est une expérience musicale intense à partager de gré ou de force avec son voisinage, toutes fenêtres ouvertes, histoire de leur faire savoir qu'on existe, et qu'en dépit de tout ce qui peut bien arriver, en dépit de tout ce que l'on peut bien penser, on les emmerde tous, qu'on est là et bien là, qu'il faudra faire avec, ne leur en déplaise et que rien ni personne ne viendra nous en déloger. "Yank Crime", de par son énergie, a de quoi faire bomber le torse à n'importe quel être en manque de confiance en soi. Si vous faites partie de ceux pour qui le "Weight" d'Henry Rollins a joué un rôle capital, il ne saurait en être autrement de "Yank Crime" qui véhicule la même force, la même détermination. Une leçon de courage. Une leçon de bravoure. Un pamphlet qui torpillera dans l'instant le sentiment de résignation dans lequel le quotidien sordide tente de nous aspirer à tout instant. 

Luxe suprême, la musique de Drive Like Jehu a plusieurs grilles de lecture ; on pourra s'y rendre pour aller y puiser les ressources nécessaires qui nous manquent, on l'aura compris, mais on pourrait tout aussi bien s'installer confortablement dans son fauteuil - sans pour autant parvenir à réprimer cette folle envie de dodeliner de la tête - et apprécier à sa juste valeur le spectacle qui nous est offert : une bataille rangée où chaque coup est porté à bon escient avec une précision redoutable, une efficacité remarquable, malgré ses constructions parfois alambiquées mais qui en font tout le charme et le vice ("Luau"). Le passage éclair de Drive Like Jehu dans le paysage alternatif américain aura comme souvent laissé des traces à titre posthume. Un groupe à redécouvrir d'urgence, dont le rôle est au moins aussi important que celui des Slint ou de Fugazi.
 
Un second disque peut être un peu plus Pixies dans l'âme... davantage de passages calmes et d'espace pour respirer.


  • Parution : 1994
  • Label : Interscope, Swami records
  • Producteur : Drive Like Jehu


  • Appréciation : Méritant
  • Note : 7/10
  • Qualités :  intense





jeudi 26 novembre 2009

Them Crooked Vultures - Self Titled




On reproche rarement à un groupe, aujourd’hui, de mettre trop d’idées dans sa musique. Pitchfork le fit  il y a quelques jours pour ce disque ; étonnant. Et puis, est-ce bien raisonnable de reprocher quoi que ce soit quand on a affaire à un trio composé de John Paul Jones, un temps bassiste et claviériste au sein de Led Zeppelin – ce solo sur Kashmir ! On se contentera ici de celui sur Bandoliers notamment – ainsi que de Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters) à la batterie et de Josh Homme, Mr. Queens of the Stone Age, à la guitare et au chant ? 

On pense aussitôt que la patte inimitable de ce dernier, à savoir des riffs épileptiques de hard-rock et des paroles alliant obsessions, sexe et scènes grotesques, est celle qui prédomine sur l’ensemble. Bientôt apparaissent les signes d’un psychédélisme très emprunté à ces mêmes désert sessions ( exercices de composition entre amis au studio Joshua Tree, en plein désert) qui ont donné Someone in the Wolf ou The Blood is Love, deux chefs-d’œuvre de Lullabies to Paralyse (2005). C’est la fin de Scumbag Blues, mais surtout Interlude with Ludes qui nous plonge dans une ambiance lounge. 

Dave Grohl apporte évidemment son imposante façon de jouer, puissante et précise, un peu majestueuse ; batteur autrefois grunge, c'est un admirateur des deux autres  – de Jones bien sûr mais aussi de Homme, puisqu’il considère à l’évidence Queens of the Stone Age comme un exemple d’intégrité pour son propre groupe. Il faut se souvenir sa participation cruciale à Songs for the Deaf (2002).



Lors d’un concert au Wembley Stadium en 2008, alors que le batteur des Foo Fighters chantait, Grohl de dire : « tu ne chantes pas mal pour un batteur ». Et l’autre de répondre : « Toi non plus ». 85 000  personnes rigolent. Mais pourquoi se priver de changer de rôle quand on a tant de talent ? C’est dommage que Grohl, ne serait-ce que pour donner un autre cachet que celui de Homme à certains titres, ne chante pas davantage. Un peu sur Interlude with Ludes… mais pour le reste, on est loin de ce grand chien très charismatique qui tint en haleine tant de public lors de ce fameux concert à Wembley – le lendemain, ils rejouèrent au même endroit et invitèrent Jimmy Page et John Paul Jones à jouer avec eux deux morceaux de Led Zeppelin ; l’idée de monter Them Crooked Vultures a peut être fleuri alors. Warsaw on the First Breath you Take After you Give Up laisse imaginer un floraison plutôt cadavérique. 

John Paul Jones est sans doute un bassiste impressionnant, mais sait aussi arranger la musique comme il faut – en témoigne Automatic for the People (1992), qu'il a produit pour REM. Au sein de Led Zeppelin, il suffit d’écouter Physical Graffiti pour se donner à voir la vision aux bases épaisses et classiques de celui qui eut au moins une fois son nom gravé dans le marbre (Led Zeppelin II). Il y a un genre d’idéal chevaleresque romantique autant que séduisant, mais aussi une vraie part d’ombre dans le personnage de Jones, qui a toujours hésité à se mettre en avant au sein de Zeppelin. Et encore ici, il est malaisé de détecter sa présence. Il est pourtant là, donnant un fonds plus riche et parfois incongru à certains titres. Et il y a son jeu de basse comme une  roquette élastique, bien entendu. 

Them Crooked Vultures est ainsi l’occasion pour John Paul Jones d’accomplir de nouvelles prouesses, afin que de concrétiser la synthèse entre le stoner enfumé de Homme et un hard rock plus classique dans la tradition moins fantaisiste de Led Zeppelin. 

Les riffs entrent les uns après les autres sur Elephant, tandis que ses compères, en plein trip hallucinatoire – ça y est, on y est, on joue avec  John Paul Jones ! , ce genre de chose – veulent donner toutes leurs forces, quitte à partir un peu dans tous les sens. Ce sentiment d'un résultat décousu s’aggrave à la longue, jusqu'à donner la sensation d’une disque sans horizon. Il y a trop de relâchement, d’enthousiasme dépensé au détriment de finesse de composition ou de sens – celle dont on sait Josh Homme capable, après I Never Came (sur Lullabies to Paralyse) par exemple.

La musique a pourtant bien de la gueule, dès le premier titre No One Loves me and Neither do I et son riff de basse appelant Out on the Tiles. La grande force du disque est que même sur des morceaux comme celui-ci, longs et ardu, la lourdeur du son et la multiplication des riffs et des idées rythmiques en font une musique impressionnante dans chaque instant. Les titres les plus directs se démarquent ; Scumbag Blues et New Fang, ou encore Mind eraser, no Chaser ont d’évidents crochets. Reptile illustre peut-être le mieux ce que fait le groupe, en puissance et en luxuriance, l’originalité en plus. Les arrangements y sont particulièrement savoureux et efficaces, et démarquent le groupe du travail de Homme comme du reste de la production musicale ambiante. 

Le problème est de savoir combien d’écoutes suffiront à épuiser votre intérêt pour ce hard rock arrangé à la sauce virtuose mais pourtant trop dépendant de son leader improvisé – Homme -  et trop peu calibré – pour ressembler à autre chose qu’a un prétexte certes solide et prometteur de s’éclater sur scène. 

  • Parution : 17 novembre 2009 
  • Label : Interscope
  • Producteur : Them Crooked Vultures
  • A écouter : New Fang, Scumbag Blues, Reptiles

  • Appréciation : Mitigé

  • Note :  5.75/10
  • Qualités : fun, puissant, groovy


dimanche 27 septembre 2009

Queens of the Stone Age - Rated R (2000)




Parution : 22 juin 2000, réédité 2010
Label : Interscope
Producteur : Chris Goss, Josh Homme
Genre : Rock
A écouter : The Lost Art of Keeping a Secret, In The Fade, Better Living Through Chemistry


Note : 8.50/10
Qualités : fun, intense, psychédélique, groovy, hypnotique

Rated R a été qualifié de disque de « stoner rock », rock de drogués, à sa sortie en 2000, en partie à cause de Feel Good Hit of The Summer, dont les paroles sont sans équivoque : Nicotine, Valium, Vicodin, marijuana, ecstasy, and alcohol… c-c-c-c-c-cocaine ». Répété encore et encore. C’est le premier morceau du disque, une sorte de cri de ralliement. Mais l’autre raison, plus importante, est due aux origines du groupe, à leur penchant pour l’utilisation de riffs lancinants qui semblent vous tirer vers le bas comme un cercle vicieux de substances. Queens of the Stone Age auraient un sens presque obsessionnel de la ligne de guitare assomante et seraient enclins à explorer des états de conscience qui frisent l’épylepsie. Rated R est pourtant plus superficiel que ça, qu’on se rassure ; s’il est diablement séducteur, c’est parce qu’il s’agit d’une musique qui ne cherche pas à incarner un quelconque style, ni à illustrer un putain de mode de pensée. Alors, s’il y a bien un sens étudié de la répétition et de la précision sur Rated R, c’est en fond de plan ; les idées musicales sont portées à nu par la folie du bassiste-vocaliste Nick Oliveri et par le chant de crooner-capable-de-falsettos de Josh Homme. Les détours sont multiples ; In The Fade, par exemple, sur lequel Mark Lanegan envoûte. Pas étonnant que Homme ait toujours rejeté le terme de « stoner », à écouter ce disque iconoclaste et séducteur. 

On ne s’ennuie pas une seconde, entre tubes délirants – The Lost Art of Keeping a Secret, Monsters in the Parasol – et morceaux de bravoure seulement à moitié faints – Quick and the Pointless, Tension Head. Il y a de la violence en la personne de Nick Oliveri sur cet album, mais aussi une nostalgie, une humanité qui fait de Rated R un disque équilibré et intelligent. Et un sens progressif et pop qui était absent de tout ce qu’avait fait Homme jusque là : Better Living Throught Chemistry ou Auto Pilot permettent au groupe d’élargir leur marge de manœuvre. C’est un disque inhabituel dans ses sonorités, qui pourtant a tout d’un grand classique ; aucune faiblesse et une équipe de musiciens visiblement très soudés, un belle somme d’amitié – vivre à l’orée du désert Califoirnien crée sûrement des liens. L’édition 2010 apporte encore plus de profondeur à l’ensemble, avec des inédits (Ode to Clarissa, une reprise des Kinks, Who'll Be the Next in Line…) et des titres live capturés au Reading Festival en 2000 qui permettent d’écouter certains des meilleurs titres issus des deux premiers albums du groupe, notamment Avon et If Only – débarrassés de leur production. 

- Rated R réedité pour son 10 ème anniversaire, 2010

On ne peut pas parler de Queens of the Stone Age sans saluer le travail de Kyuss, son ancêtre en ligne directe qui fut l'auteur d'un disque branque intitulé Blues for the Red Sun (1992) par lequel il accéda à un statut de groupe culte, et sans doute aussi le travail de Chris Goss, le producteur et musicien derrière tous les albums des Queens et pas mal d'autres plutôt intenses. 
Goss est entre parenthèses le leader d'un groupe appelé Masters of RealityPine/Cross Dover est sorti en 2009. Véritable précurseur lorsqu'il fonda son propre groupe en 1988, Goss est critique lorsqu'il regarde le chemin parcouru par ses poulains. Il faut reconnaître que ces derniers temps, il manque aux disques de QOTSA l'effervescence qui caractérisait Rated R et Songs For the Deaf (2002), deux énormes claques qui dispensaient un mélange de sexe, d'insanité, de mexicanité et de série B avec la malignité des plus grands. dont le dernier disque,

Le disque éponyme paru en 1998 reprennait une formule déjà chauffée à blanc par Kyuss et d'autres, sans cesse portée à ébullition par les jams de dératés qui servaient de méthodes de composition à Homme et à son groupe, emportés dans un tourbillon de folie dont tous ne sortiront pas indemnes. Aujourd'hui, après un disque moyen, Era Vulgaris (2007), Homme laisse planer un sentiment de tyrannie sur les Queens of the Stone Age. Plus que jamais, le groupe, c'est lui ; seul Nick Oliveri, encore présent sur Rated R, était de taille à lutter, mais des problèmes de violences l'on écarté du groupe. L'âme de Rated R, ce qui lui donne le cachet de disque ultime d'une scène nécessairement marginale, malgré tout le succès commercial que les Queens peuvent avoir, c'est le mélange, l'alchimie. 

Littéralement, « a chest-beating energy, a confusing head trip, or a dissipating sadness » (Pitchfork) - Josh Homme préfère y évoquer des sentiments plutôt que des idées - ; musicalement, la rencontre de deux voix , celle de Homme et de Oliveri, et de quelques idées à tiroir trouvées à taper le boeuf avec plus de sérieux qu'on ne pourrait l'entendre. L'ambition de Rated R, à toutes les étapes, est palpable.

Les deux personnalités à l'oeuvre, Homme et Oliveri, sont en concurrence, et du coup non seulement le disque comporte son lot de titres énormes – Tension Head chanté par Oliveri... - mais l'ensemble est sinon cohérent, sinon régulier, d'une qualité constante – à l'an 2000 le rock prépare encore bien des chefs-d’œuvre… Côté ryhtmique, plusieurs batteurs se relaient aux fûts, avant que Dave Ghrol ne déboule pour le disque suivant. Mark Lanegan, l'épouvantail des Screaming Trees, fait une apparition... Chris Goss a produit pour lui Bubblegum (2004). 

Les Queens réussissent à faire de la musique d'initiés pour les masses, par un dosage habile de hard-rock et de références au courant musical amené par Goss. On se sent rapidement euphorique, même si l'objectif avoué est carrément de menacer la santé mentale de l'auditeur comme des musiciens eux mêmes. Comment des challenges brumeux se transforment en réussite totale, c'est la force de Rated R qui à certains moments est vraiment pathos, (Quick and the Pointless...) à la fois consternant et jouissif (Monsters in the Parasol). Ils semblent se jeter sur tout un tas d'opportunités à la fois, rechercher les révélations. 

Côté pochette, Feel Good Hit Of The Summer annonce : (AS) Adult Situations ; (C) Consumption ; (S) Illégal Substances ; pour Better Living Through Chemistry, c’est (V) Violence, (SE) Subversive Elements, (D) Disbelief, (R) Revenge. I Think I Lost My Headache provoque, à en croire un baratin inérent au discours volontairement abêtissant – et paradoxalement révélateur - des Queens of the Stone Age, des Paranoid Delusions ou une Blind Faith, foi aveugle. Les autres pièces sont à l’avenant. Bref, pour en revenir au début ou presque, on se sent en écoutant cette musique plus tolérant, indulgent et ouvert que tous les moites adorateurs de musiques hard dans les années 80 qui n’ont rien vu venir : cette vile transformation des mœurs, cette malsaine perversion d’Hollywood qui nous a conduit à David Lynch, à Johnny Depp et aux Queens of the Stone Age.

On dirait parfois que le groupe cherche à se saborder mais en réalité il grossit, ne cesse de déployer son arsenal sonore rugueux avec un groove monstrueux. Auto Pilot est le titre le moins inquiétant, quoique soit annoncé (A) Alcohol et (SD) Sleep Depravation. Après qu’une sirène de police de L.A. ait retentie, le morceau démarre dans un mid-tempo irrésistible. Un bon contrecoup aux tornades que sont Quick and the Pointless ou Tension Head – auquel se succède le doux Lightning Song. Leg of Lamb, Better Living… ou I Think i Lost my Headache jouent dans un registre moins violent mais peut être plus obsessionnel.



dimanche 2 août 2009

Queens Of The Stone Age - Lullabies To Paralyze (2005)



Voir la chronique de Queens of the Stone Age (1998)
Voir la chronique de Rated R (2000)
Voir la chronique de Era Vulgaris (2007)


Queens of the Stone Age peut prétendre avoir sorti trois chefs d’œuvre d’affilée ; Rated R, en 2000, Songs For The Deaf, en 2002, avec Dave Grohl à la batterie, et celui-ci, Lullabies to Paralyze, en 2005. Trois albums qui témoignent d’une vraie évolution au fil des années, et l’aventure continue (Era Vulgaris en 2007). Cette extraordinaire discographie est aussi révélatrice d’un son nouveau, car nul autre groupe n’a celui de Josh Homme et sa bande ; guitares vrombissant et barrissant, riffs ou lamentations, boucles tournoyantes de longue haleine et distorsion asthmatique ; et cette voix ! Celle de son leader, qui peu paraître déroutante mais bientôt devient indispensable, et repousse toujours plus loin ses possibilités, dans un registre unique. Josh progresse au rythme de son groupe, et il est sur Lullabies véritablement omniprésent et charismatique.

Mais c’est un autre chanteur charismatique qui a l’honneur d’ouvrir le disque ; Mark Lanegan, auteur de mélodies folk- rock arides bien plus dépouillées que ce qu’a l’habitude de faire QOTSA ; et sur This Lullaby, Mark apporte son style, son feeling en plus de sa voix, accompagné à la guitare acoustique par Josh. Le résultat est poignant et un peu triste, mais on sait que l’apaisement ne va pas durer. Josh Homme a tellement de choses à dire sur ce disque, que rétrospectivement, cela peut paraître étrange pour lui de ne pas commencer tout de suite… Mais ce n’est que le premier signe du ménagement d’énergies qui ne peuvent se déverser comme elles viennent, mais sous forme torturée et tortueuse ; le résultat est calme comme la méditation d’un fou. Alors, si ce premier morceau laisse entrevoir quelque chose de la suite, c’est l’aspect morbide des chansons. Mais on avait été en quelque sorte prévenus par les images de jaquette, présentant le groupe masqué de têtes d’animaux, différentes figures armées (un ange avec un revolver, une silhouette féminine avec un poignard, et une hache plantée dans le sol). Et bien sûr, cette fillette cernée qui regarde quelque part dans le noir.

Pour cet album, Homme est rejoint par Troy Van Leeuwen à la basse et Joey Castillo à la batterie, étant donné que Dave Grohl s’occupe de ses Foo Fighters et que le bassiste fou Nick Oliveri, qui avait tant participé sur Rated R, a été prié de quitter le groupe à la suite de problèmes de violence scéniques et violences conjugales présumées. On retrouve aussi Alain Johannes à la guitare, qui est notamment à l’origine de l’enregistrement des deux précédents albums du groupe, et de Humbug des Arctic Monkeys, entre autres. Cependant, ce changement de line-up n’entrave pas l’identité sonore du groupe, puisque c’est bien Josh Homme qui incarne cette identité ; on est tenté de penser que QOTSA, c’est lui, bien que Joey Castillo en particulier ait la réputation d’être particulièrement tellurique sur scène, et que cela contribue aussi à l’identité du groupe, qui, il ne faut pas l’oublier, est un groupe de hard-rock avant tout. Pour ceux qui l’oubliaient, il faut voir comment le riff de Someone’s in the Wolf nous replonge dans les années 70… Sans dénaturer, là non plus, « l’identité » qui est décidément si prononcée au sein du groupe et hérité du Stoner de son ancêtre Kyuss. En outre, la qualité de ce disque n’est peu être pas indifférente au lieu ou il a été enregistré ; le Joshua Tree Studio, en plein désert californien, sans doute l’un des endroits sur terre les plus propices pour faire de la musique sans concessions ; pas de facilité, pas de portables, ni de télévision, rien que la bonne nourriture d’une étrange grand-mère à tablier rouge et un rack de guitares qui vous tend les bras.

Je voudrais introduire deux morceaux en particulier ; Burn The Witch, qui profite de la participation de Billy F. Gibbons de ZZ Top à la guitare (très bon feeling dans la deuxième moitié du morceau), et Little Sister. On a l’impression d’avoir déjà entendu ces mélodies, et les QOTSA surprennent à ne pas nous surprendre ; c’est que ces chansons sont tellement efficaces qu’elles semblaient attendre d’être inventées. Pourtant l’ambiance est malsaine, comme partout ailleurs, et on se dit que c’est cela, QOTSA ; à la fois terriblement efficace et tordu. La première partie du disque est construite presque exclusivement de tels titres, à un degré moindre cependant ; Medication, un peu courte pour convaincre, Tangled Up In Plaid et son piano bastringue, In My Head… Le refrain dur Everybody Knows That You’re Insane donne l’impression que c’est Josh lui-même qui perd les pédales. Pourtant, la chanson semble s’adresser à Nick Oliveri, dont le départ est une sorte de deuil pour Josh. Ce premier flot se termine avec I Never Came, morceau particulièrement réussi dans un registre plus mélancolique. Les guitares, accompagnées de tuba et trombone, y sont magnifiques, ainsi que la voix de Josh, en apesanteur. L’impression générale est celle de chansons construites autour de quelque os trouvés ça et là, alimentées de vents de sable et de relents d’alcool.

Sur la deuxième partie de l’album, QOTSA devient impitoyable, comme il pouvait l’être dans les meilleurs moments de ses deux précédents albums. Les morceaux s’allongent, et concèdent un peu plus encore à la folie. Someone’s in The Wolf, est, par ce standard, un excellent morceau ; après une introduction sombre, un riff épileptique fait son apparition ; le morceau est une construction complexe, bien servie de batterie et de cymbales qui sont comme un serpent à sonnettes, et on note la participation de Jesse Hugues (Eagles of Death Metal) à la flute et Chris Goss dans le rôle du loup. Plein de bruits étranges, ce morceau fait basculer l’album dans un endroit malsain, et se prolonge par le tout aussi excellent The Blood is Love, qui poursuit en mid-tempo et exprime une sensualité macabre : « That we may make a kiss that can pierce through death and survive, your words have branded my mind ». C’est finalement ce qu’il y avait au fond du bois, un obsédant riff gothique supporté de batterie martelante et d’une seconde guitare lancinante. Plus loin, on trouve un excellent rock and roll, Broken Box, qui ressemble au point de non-retour, avec un son bien collant et distordu.

You got a Killer Scene Here, Man est un rock de bout de course, et on imagine bien qu’a ce stade Josh a finalement cédé à ces démons, et se balance au rythme décousu du morceau, la tête roulant sur les épaules ; Brody Dalle et Shirley Manson (Garbage) chantent un peu, pour un effet hanté. On se demande plus que jamais si le morceau va parvenir à se terminer, tant QOTSA semble ouvert à la dépravation et va en roue libre sans que rien ne puisse l’arrêter sur sa route désolée. Le « dernier » morceau, Long Slow Googbye, est le signe du retour à une terre un peu plus stable, où Josh garde l’attitude qui va bien mais vire les drogues. Ca se termine magnifiquement par des cuivres, après un silence. Un quinzième morceau vient s’ajouter, Like a Drug, moins produit, qui clot l’album sur un moment plus intimiste.

Lullabies to Paralyze est un album qui raconte la paranoïa, cette peur qui paralyse, naît de la solitude ou des abus. Cet album souhaite mettre en garde, davantage qu’effrayer ; ne pénétrez pas des ces bois… Où les bois sont la drogue, la perte de contrôle, la perte de sentiments, et finalement la mort. Tableau très bien rendu par les chansons dont il faut aussi s’intéresser aux textes. Pêle-mêle, « I could keep you all to myself, i know you gotta be free to kill yourself » (Tangled up in Plaid) ; “Is this the dose you’ve been dreaming on ?” (Medication) ; “There they are, the mob it cries for blood, to twist the tale, into fire wood, fan the flames, with a little lie…” (Burn the witch). “Once you’re lost in twilights blue you don’t find your way, the way finds you…” C’est un grand disque de rock qui parle d’excès de manière à la fois touchante et aliénante.
 
Parution : 2005Label : Interscope 
Genre : stoner, Rock alternatif 
A écouter : Burn the Witch, Little sister; Someone's in the Wolf, The blood is Love 

7.75/10
Qualités : groovy, hypnotique, lourd
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...