“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) ludique (60) poignant (60) envoûtant (59) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) efficace (29) orchestral (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) Ambigu (10) épique (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

Affichage des articles dont le libellé est 1967. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1967. Afficher tous les articles

lundi 11 juin 2012

The Ethiopians


L'un des groupes vocaux qui ont le plus influencé par leurs messages et leurs riches arrangements et textures, les Ethiopians ont accompli la transition entre le ska et le rock steady, en pavant aussi le chemin pour le roots reggae plus engagé. Leonard Dillon (né en 1942), leur chanteur, devint peu à peu l'un des charismatiques ambassadeurs de la culture reggae. Il est décédé en 2011 et un large hommage lui a été rendu.

Pour expliquer la magie du groove des Ethiopians, Dillon suggère toujours qu’il s’agissait d’expérimentation. Producteurs comme musiciens semblaient toujours avides de nouvelles expériences, désirant multiplier les possibilités de rythmes qui leurs appartiendraient. « Nous avons pris le rythm and blues et la calypso pour en faire du rock steady. C’est seulement une question de jouer plus lentement certains instruments, et d’en jouer d’autres plus rapidement. »  Les rythmes doivent aussi pouvoir être dansés. “En ces jours vous deviez créer le son, se remémorera-t-il. Vous deviez produire les chansons et inventer une danse pour vendre ces chansons.” 

En 1964 à Kingston, Dillon rencontre Peter Tosh qui l'introduit auprès des Wailers. "J'ai fait quelques chansons des Wailers avec eux. Bunny [Wailer] et Peter [Tosh] m'apprenaient beaucoup sur les harmonies."

Ceux ci le présentent à leur tour à Coxsone Dodd. "Quand je suis allé au studio, Bob [Marley] venait juste de faire Simmer Down. » « Chaque samedi j’allais chanter à l’église. Quand vous entendez ma musique et que vous écoutez les paroles, ça évoque l’amour et la joie. Tout ce qui concerne Jah." Dillon rencontre de ce pas  Stephen Taylor et Aston Morris, qui forment un duo de rue, et ils décident de former ensemble The Ethiopians. « Nous répétions dans un endroit appelé The Ethiopian Reorganization Centre, où toute la culture rastafari était bien visible. », commente Leonard Dillon pour expliquer le choix du nom. Les Ethiopians véhiculent à toute vapeur les valeurs rasta, qui faisaient passer l’héritage ethnique avant la religion. « Mon grand-père était chrétien, c’était un prêtre, et il ne m’a rien appris quant à l’église. Il me parlait plus volontiers de l’Afrique et comment nous nous sommes retrouvés ici. »

Une entrevue avec Albert Griffiths (qui devait former les Gladiators) donnera lieu à Train to Skaville. Les Ethiopians s'introduisirent même dans le top 40 en Angleterre ou les skinheads s’approprient la musique ska et ses relents d’indépendance. En 1967, ils continuent avec Engine 54, Train of Glory ou Stay Loose Mama, et le très percussif The Whip. Ils avaient trouvé comment s'adresser au corps et à l'esprit tout à la fois, les saxophones réunis par Dodd complétant de façon particulièrement excitante les injonctions de Dillon.

Everything Crash, enregistré en 1968, critiquait la situation politique de l'époque, évoquant le rationnement d'eau et les coupures d'électricité ; ainsi qu’un incident pendant lequel 31 personnes furent tuées par la police. Reggae Power (1969) et Woman Capture Man (1970) complètent cette suite fascinante. Stephen Taylor se fit renverser par un camion dans la station-service où il travaillait, ce qui marqua la fin d’un période de créativité faste pour le groupe.

Mais la hargne de Dillon donna encore l'excellent Slave Call (1977), un tour de force pour lequel il recrute son propre groupe Nyahbinghi. De Ethiopian National Anthem à Obeah Book, l'album tourne plus que jamais autour des thèmes rastas.  Le Let It Be des Beatles y est réécrit comme un spiritual.

The Paragons - On the Beach with the Paragons (1967)






VOL 1 : STUDIO ONE

Les dominicains ont le merengue, les haïtiens le compas, le trinidadiens le calypso, les guadeloupéens le zouk, et les Jamaïcains le mento dans les années 1950. C'est aussi l'époque de la naissance des rythmes Nyahbinghi, fait de percussions spécifiquement rastas, sur lesquelles de larges groupes chantent. Count Ossie est le créateur de la musique sacrée rasta avec son ensemble de 20 musiciens, Mystic Revelation of Rastafari. Le style percussif Nyahbinghi influencera les rythmes du reggae jusqu’à nos jours. Les rythmes et les cuivres influencent le premières formes de reggae, et c'est sans surprise que le rythm and blues et le jazz du sud des Etats-Unis s'ajoutent aux ingrédients de cette révolution.

C'est cette musique qu'écoutait Clément Seymour Dodd, connu bientôt sous le pseudonyme Coxsone Dodd, en voyage aux etats Unis avant de rentrer en 1954 en Jamaïque. Il installe à Kingston sa sono et diffuse les musique qu'il a glanées en voyage, et qu'il continue d'importer de la Nouvelle-Orléans et de Miami. C'est un fan de be-bop de bogie woogie, de rythm and blues et de musiques latines. Mais ce n'est que la guerre des sound system qui commence – la musique s'écoute alors presque exclusivement dans la rue, la radio n'étant pas développée sur l'île - , et il faut attendre 1959 pour que les premier 45 tours soient enregistrés. L'idée n'était tout simplement pas venue à Dodd que vendre des disques pourrait être rentable mais comme les meilleurs diffuseurs et producteurs de musique de l'île, sa capacité d'adaptation est sa principale force.

Il n'est pas seul ; Chris Blackwell, le futur grand producteur de Bob Marley, s’intéresse à cette musique qui transpire la sincérité et l’authentique. Le pinacle de la carrière de Dodd arrive en 1962, lorsqu'il décide de construire son mythique studio, le Jamaïca Recording Studio, et de créer le label Studio One. Le rythm and blues dépérit aux Etats Unis, et le besoin de crée une industrie musicale propre justifie l'entreprise de Dodd ; il recrute certains des meilleyurs musiciens au sein d'un même backing band, et devient le principal roduteur de l'île pour une décénnie. Le Guns of Navarone des Skatalites est l'un des premiers succès internationaux çà avoir un son résolument Jamaïcain. Les Gaylads suivent. Dodd auditionne et signe les Wailers, groupe vocal de ska avec Bob Marley. La concurrence frappe fort avec Toots and the Maytals...

The Paragons

Le rock steady, qui succède au ska, incorpore l'influence soul dans le reggae. Slim Smith, Alton Ellis, Phillys Dillon, Bob Andy, Desmond Dekker, Ken Boothe ou Delroy Wilson sont l'élite de cette scène qui nait en 1965 en Jamaïque. Ils enregistrent tous au Studio One sous la houlette de Coxsone Dodd. Les Paragons se forment au début des années 60. Quatuor à trois voix au sein duquel John Holt fait des prouesses vocales, ils vont rencontrer Dodd avec lequel ils enregistrent d'abord les singles à succès Love at Last et Good Luck and Goodbye. Ils prennent alors, sous l'impulsion du grand John Holt, la voie d'une approche plus roots que soul – ce qui les rapproche du reggae qui viendra après - pour devenir l'une des formations les plus populaires en Jamaïque et en Angleterre. On the Beach With The Paragons, paru en 1967, a tout de la bombe de séduction massive. Les influences de Detroit et l'invasion des Beatles donnent des ailes au petit groupe. Island in the Sun, Happy-go-Lucky Girl, Only a Smile et leur chanson la plus fameuse, The Tide is High (reprise plus tard par Blondie) sont rassemblés sur ce premier album. L'intelligence de ces chansons composées à plusieurs mains réside dans leur caractère entraînant, doux, romantique.

L’art des Paragons culmine peut-être sur l'album suivant, Riding High with the Paragons (1968). Unforgettable You voit la chanteuse Roslyn Sweet apporter un contrepoint féminin aux harmonies syncopées.

Après une douzaine de hits en Jamaïque, le groupe se rendit compte qu'ils seraient toujours dépendants de leur producteur, Coxsone Dodd. Les Jamaïcans, les Techniques, les Three Tops, les Melodians, les Sensations et les Ethiopians se firent tous rouler de la même façon, mais enregistrer pour studio One devait rester un privilège...

Voir aussi : Heptones, Ethiopians, Abyssinians
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...