“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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lundi 4 août 2014

STEVEN WILSON - Cover Version (2014)





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OO
nocturne, soigné, lucide
indie rock, rock progressif

D'abord une reprise d'Alanis Morisette. Steven Wilson, chantre de la chanson 'progressive', y est vulnérable. Avec une guitare acoustique, il se révèle avec simplicité, recherchant une présence par les ambiances et les mots. Un peu le pendant de Jonathan Wilson, il en donne une preuve éclatante avec Moment I Lost, une ballade qui laisse un peu plus entrevoir ses capacités hors du commun à imaginer une chanson, ou comment trouver le chemin depuis le départ, la voix, et l'envoyer dans des endroits aussi vastes qu'intimistes. Puis c'est ABBA, et surtout The Cure, qu'on est heureux d'entendre dans ce contexte parfait pour elle, car c'est l'une des meilleures chansons de rock jamais composées ! Wilson enregistre un album respectueux, aussi calme que lucide, lui qui est capable de voir à travers les chansons l'essence de ce qui nous émeut et nous remue à l'intérieur. Il tire tout le parti de sa voix, de se qualités de compositeur poltergeist, de sa capacité à ajouter d'autres dimensions à une simple trame acoustique. Simplicité, légèreté et profondeur ne seront pas réunies de façon aussi élégiaque que sur The Day Before you Came, la reprise d'Abba, tandis que la mélancolie de The Guitar Lesson et la magie progressive de Lord of the Reedy River nous font comprendre, rétrospectivement, ce qui a pu pousser un groupe de death metal, Opeth, à enregistrer un album de rock progressif (Wilson a collaboré avec le compositeur du groupe). An End to an End termine de façon quasi sépulcrale. 

CANDY CLAWS - Ceres & Calypso in the Deep Time (2013)





OO
original, soigné
shoegaze, dream pop, indie rock

Au début de l'année 2009, en plein hiver, Animal Collective faisait paraître Merriweather Post Pavillon, un album qui malgré les synthétiseurs gardait la vibration naturelle et la légèreté rayonnante des albums du groupe. Ils étaient le rayon de soleil que certains qualifièrent, dès le 9 janvier, d'album de l'année. Candy Claws respecte mieux les saisons en faisant paraître son album en juin. Mais le shoegaze (guitares fortes, riffs à effet brouillard, mélodies pop dans un chant voilé) et la dream pop semblent ces derniers temps en pleine expansion temporelle, depuis que My Bloody Valentine est réapparu 20 ans après leur dernier album. Quel que soit le moment de l'année, des groupes shoegaze, synthgaze, pop talentueux et audacieux prennent leur place dans le canon indie rock et font oublier l'impression surannée d'être une musique d'été. Candy Claws joue selon son propre livre, méticuleusement annoté depuis plusieurs années, ou désormais les riffs et les textures sonores sont balancées pas une précision mélodique évoquant plus le génie des années 60 (Phil Spector, les Beach Boys..) que les groupes des vingt dernières années. Ils ont réussi l'exploit du disque à la fois idyllique et bien construit, avec des réminiscences mélodiques qui jouent en faveur de la cohésion de l'album, des mélodies de plus en plus puissantes à chaque écoute, un son précis et détaillé. On se laisse quasiment bercer par White Seal, malgré l'étrangeté assumée de la production, noyant les voix. Quelques trémolos provoquent une irrépressible nostalgie. Sur Fern Praire, ces trémolos se mêlent de cordes d'orchestre dans un monde ou James Bond aurait croisé Willy Wonka.  Et des mondes, Candy Claws savent en construire à foison. Fell in Love et Pangea Girls continuent cette dichotomie entre le électricité discordante et rêverie. Une fois le principe accepté, on peut apprécier le voyage dans des ambiances et des rythmes toujours plus surprenants. 
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