“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Trip Tips - Fanzine musical !

samedi 24 janvier 2015

MARY FLOWER - When My Bluebird Sings (2014)



OOO
envoûtant, intemporel
Blues acoustique, folk

Un anniversaire ! 20 ans se sont écoulés depuis Blues Jubilee, le premier album de Mary Flower. When my Bluebird Sings est le 10ème. Une chanteuse folk peu médiatique de Portland, Oregon (et pourtant détentrice d'un award), mais c'est peut-être du au fait qu'elle se concentre davantage sur la pédagogie que sur sa carrière. ce qui est plutôt cool, d'enseigner le blues à l'école. On le sait, folk et blues acoustique sont étroitement liés. La relation d'intimité que Flower entretient avec ses guitares est si forte que je n'ai pas résisté à l'envie d'en savoir plus : ce sont donc une Gibson HG-2 Lap Slide Guitar de 1950 et une Fraulini Angelina. Mais, dit t-on, elle possède aussi une guitare de 1934. Il y a une interaction précise et confiante entre ses instruments vénérables, toujours aussi vigoureux qu'au jour de leur fabrication, et la musique de Mary Flower, qui réanime l'âme. Parfois entourée d'autres musiciens dans des sets dans un esprit plus ragtime, When my Bluebird Sings se démarque pour deux raisons : elle y est seule, et il constitué entièrement de compositions originales, alors que Flower avait l'habitude de reprendre Big Bill Broonzy, Emmet Miller, Tampa Red (Boogie Woogie Dance), Bessie Smith... Il alterne instrumentaux en forme d'impromptus émouvants, comme ceux du folk anglais de Davy Graham, et des chansons en accords ouverts, brillantes de nuances, entre pudeur, tranquillité, mélancolie et légèreté. Delta Dream ou My Bluebird transposent le bucolique enchanté de Nick Drake au Mississippi. Le blues du Mississippi d'avant la naissance du rock n' roll est une influence, dans l'expressivité et la générosité de cette musique réduite pourtant à sa plus simple expression. La guitare est frottée, caressée, les cordes tirées autant que pincées, faisant ce son rond et sans âge qu'affectionnent souvent ceux qui veulent souligner leur espièglerie.

http://maryflower.com/  

1994
1999


2001


2003

2003


2005


2007


 2009
 2011





jeudi 15 janvier 2015

FATHER JOHN MISTY - I Love You, Honeybear (2015)





OO
sensible, extravagant
Folk rock

L'année a du mal à se mettre en place, l'art n'est pas particulièrement au centre du débat. Plaçons nous du côté Josh Tillman, un échalas folk confirmé, franchisé de la musique américaine comme institution basée sur la fragilité humaine. Fallait t-il pour autant, pour se battre contre le kitsch prétentieux qui constitue désormais 'l'art' rapportant gros, paraître aussi ironique que sur cet album faussement enchanté ? Oui, à condition de la faire avec le panache d'un John Lennon. Deux exemples terribles, Bored in the USA (et ses rires de talk show) et Holy Shit. Josh Tillman n'est plus en rien le hippie qu'il était, batteur des Fleet Foxes, groupe perpétuant un monde sentimental pour un certain public. Même s'il garde sa voix de choriste haute et fragile, même si ses mélodies sont toujours plus alambiquées qu'il ne le voudrait, il exprime son dégoût du monde dès la pochette hypocrite, scandaleuse et/ou insignifiante de l'album. Reprenant à son compte, dans un aspect presque vétuste et désuet la prétention d'autres artistes (ceux qui ne sont même pas capables, une fois sur scène, de divertir le public comme Tillman le fait avec une petite danse), il signe l'une des balades les plus attachantes de l'album, The night Josh Tillman came to our appartement. Les sitars sont too-much, pourtant difficile de qualifier cette musique de 'loufoque'. Plutôt pince sans rire. Puis When you're smiling and astride me ressemble à Marvin Gaye, isolé dans sa propre foi. 

Le reflet d'une époque résignée, avec les écos des années 70 qu'il faut, à mi-chemin entre la solitude et le rêve, non loin de ce que fait Jonathan Wilson à son plus audacieux. La démesure de ce (désormais grand?) producteur de Laurel Canyon apporte à l'album son lot de bizarreries empruntées au rock progressif de l'époque. La beauté curieuse  et inattendue de ces morceaux, lui donne, après plusieurs répétitions, l'air d'une sérieuse profession de foi païenne. Mais on n'y est pas : I love you Honeybear, comme l'indique son titre (qu'il ne faut pas être de trop mauvaise foi pour qualifier d'auto sabotage), c'est un album racontant une (drôle d') histoire d'amour.Voir ci-dessus pour se faire une idée du dandy. 
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