“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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dimanche 26 mars 2017

SORORITY NOISE - You're Not As... As You Think (2017)



OO
intense, sensible
pop, indie rock, hardcore

Un album concis, prenant le parti d'aller directement vers ce qui provoquera chez leurs jeunes auditeurs le réconfort au milieu de leur désarroi. Sorority Noise abandonne toutes les poses indie rock, les prétentions par lesquelles beaucoup d'autres tentent d'être pris au sérieux. Ce qu'ils ont à faire est tourné vers l'intérieur, nous parle de résolution et de résilience. Et pour bien se situer, entre ses pensées les plus sombres et l'auditeur, le chanteur Cameron Boucher semble émerger à contrecoeur d'un sommeil difficilement gagné. « The last week/ I've slept eight hours total. » commence t-il sur No Halo. Il embrasse la mélodie mieux que jamais, chose remarquable étant donné le ton qu'il prend, celui d'une conversation morne. Ce décalage caractérise la plus belle qualité de l'album, le peu d'efforts qu'il met à atteindre des sommets. Sorority Noise humanise les sentiments que d'autres se contentent d'interpréter. La production atmosphérique, presque douce par moments, fait briller les moindres revirements et donne un relief vertigineux à des chansons pourtant réduites au plus strict nécessaire. Ils excellent avec les tempos lents et suscitent une sérénité sourde avec First Letter From St Sean ou Leave the Fan On

Cameron Boucher a vécu avec une impuissance encore plus grande, question de génération, ce que Neil Young avait exprimé avec Tonight's the Night : les dommages létaux de la drogue sur son entourage. Plus un suicide, certains diront que ça revient au même, mais pas ici. Chaque cas dépeint dans ces chansons de pop hurlée est éprouvé avec une distinction et une délicatesse que l'on imagine aisément entrer en résonance avec le public 'trash' sensible américain. Cameron Boucher sait pourtant si bien nous engager, à chaque hurlement. Avec l'art d'être frontal tout en nous donnant l'impression d'une apaisante maîtrise, cet album est un tour de force.

samedi 22 août 2015

SORORITY NOISE - Joy, Departed (2015)







O
Doux-amer, intense
Rock 

Dans les listes de ceux qui avaient aimé le disque d'Adventures, sur le site Rate Your Music, figurait parfois l'album de ce groupe.  

C'est pour l'émotion et l'efficacité des refrains qu'on se replongera dans ce disque. Sans jamais vraiment basculer dans le chant hurlé ils conservent tout au long de ces montagnes russes une intensité à vif. La voix de Cameron Boucher n'a rien de particulier, sinon ce ton nasal propre à évoquer la frustration et le dédain émotionnel au sortir de l'adolescence (voir Conor Oberst). Il faut du courage pour faire partie de cette scène émo un peu tête à claques et affirmer sans ciller que finalement, c'est mieux d'être seul que de se faire du mal à deux. On pense à Bright Eyes, même si la musique fluide et fuyante ensevelit les paroles avec une attitude plus roublarde. Bien qu'intenses et amères, ses paroles s'arrêtent toujours avant de mettre l'auditeur mal à l'aise. 

Sur Art School Wanabee, au milieu de l'album, le refrain le plus à même de saisir cette capacité à ne jamais aller jusqu'au bout, peut être à tomber à court d'arguments trop précocement pour basculer dans l'amertume infinie. "Peut-être ai-je seulement peur d'admettre que je ne suis pas aussi noir que je le pense/Peut être ne suis-je pas la personne que je n'ai jamais voulu être". Cette façon de tourner autour du pot donne à Sorority Noise leur côté le plus authentique. 

Ils semblent emprunter des chœurs à TV On The Radio sur Mononokay. Using est une agréable descente dans le pathos. WhenI See You confirme leur parfaite maîtrise non seulement des refrains, mais des ambiances héroïques, qui, enfin, se prolongent au-delà du dénouement attendu.
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