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lundi 25 janvier 2010

Devendra Banhart - What We Will Be (2009)


Parution : novembre 2009
Label : Warner Bros
Genre : Folk
A écouter : Baby, Rats, First song for B

6.25/10
Qualités : original, varié

Sur Golden Apples of the Sun (2004), Devendra Banhart documentait tout un pan de culture folk américaine en considérant les différents artistes qui y pointaient le bout de son nez comme ses amis. Ce n’était pas une opération commerciale mais une joyeuse invite à produire ensemble. Cet élément de famille a toujours une place importante dans le cœur de Banhart, en témoignage ce livre intitulé Family qui met en lumière la faune de cette fameuse scène « freak folk » vieille d’à peine 10 ans. Depuis, la famille s’est agrandie, mais Devendra Banhart, étrange créatures entre toutes, reste une icône que des critiques peu enthousiastes (sur ce nouveau disque) ne peuvent entamer. C’est à la même époque que Banhart sortait Rejoicing the Hands (2004), le pas décisif vers cette forme de alt-célébrité qu’il est à même d’apprécier maintenant à la manière dont les médias s’intéressent à lui.

Banhart est plutôt extraverti pour son genre. Il a maintenant l’habitude de surfer sur la vague de reconnaissance qui s’attache à lui, et ce n’est pas sa signature récente avec la major Warner Bros qui dira le contraire. Il est devenu un genre de star un peu étrange, qui refuse encore de se prendre au sérieux. Sa voix, seule, est devenue peut être un peu plus conventionelle avec le temps, Banhart exploitant maintenant au mieux les qualités de son timbre.

Les facettes différentes de la musique de Banhart se côtoient parfois sur le même titre ; c’est le cas sur Angelica, qui oscille entre chanson folk et samba, pour un résultat tout à fait personnel.



Ses détracteurs remarquent souvent que ses chansons installent une ambiance sans aller nulle part ; que ce sont seulement des fantaisies, voire des coquetteries – d’aucuns s’agacent de l’entendre chanter en espagnol. Son septième album en sept ans, What we Will be, ne les fera pas changer d’avis. Disque plein de bribes, de ce qui peut ressembler à des essais pour bien faire, Banhart ne se fixe presque jamais. En résulte l’impression d’un résultat inabouti, mais charmant.

First/Last Song for B distille une mélancolie un peu surprenante pour celui qui nous a habitués à un optimisme vivifiant. 16th and Valencia Roxy Music est bien plus étonnant encore, évoquant le prog-rock de Franz Ferdinand, un son propre ou chaque élément est soudain à sa place. Banhart cherche de nouvelles formes de concision. Rats est lente, psychédélique, progressive, c’est l’un des meilleurs titres du disque. Banhart clôt le titre en toussant dans son micro et en disant simplement « rats ». Terrible. Maria Lionza, pièce de presque six minutes, est agréablement habitée, et s’en tire comme une sorte de jam-session aérienne et jazzy. Un autre morceau de bravoure est le Foolin’ final, reggae doux et amical.

Les paroles sont marquées par l’enfance, la jeunesse, l’innocence, qu’il fait rejaillir chaque fois avec une once de complaisance – mais c’est parce qu’il croit intimement que c’est le rôle de sa musique que de lui faire explorer les aspects les plus doux et mélancoliques de sa propre personnalité ou des personnes qui l’entoure. On imagine que les registres temporels, le passé particulièrement, ont une importance capitale dans sa gymnastique.


L'écriture a évolué depuis Cripple Crow ; les facettes différentes de la musique de Banhart se côtoient parfois sur le même titre ; c’est le cas sur Angelica, qui oscille entre chanson folk et samba, pour un résultat tout à fait personnel.


Ce qui différencie Devandra Banhart des autres compositeurs des Appalaches, c’est qu’il parvient à avoir une vue globale de son art. C’est son regard distancé qui donne l’impression qu’il se joue de lui-même ; pourtant, il conjure avec talent des éléments folkloriques divers, comme s’il assemblait les pièces d’un costume. Banhart fait de la musique pour se relaxer ; lorsqu’il deviendra plus sérieux, il signera un chef d’œuvre.




mercredi 5 août 2009

Devendra Banhart


Devendra Banhart est né au Texas en 1981 et a grandi à Caracas au Vénézuela. Il revient aux États-Unis à l’age de treize ans en raison de l'instabilité politique. À la même période, ses parents l'initient à la musique (Nusrat Fateh Ali Khan,...) et aux textes religieux (Bhagavad-Gîtâ, Jalal Ud Din Rumi,...). En 2002, il est repéré par Michael Gira du label Young God Records, et sort sur ce label son premier album Oh Me Oh My... Devendra enregistre dans sa chambre sur un vieux magnétophone 4 pistes.

Quasi inconnu en France début 2005, il est révélé au public français par la couverture et un article élogieux de Télérama et une tournée de concerts après la sortie de l'album Cripple Crow. Il est désormais un des artistes les plus connus du renouveau psyché folk ou néo-hippie avec Joanna Newsom, Cocorosie et Antony and the Johnsons. On a tendance à penser qu’il a même initié ce mouvement. Il est proche du groupe Vetiver avec son ami Andy Cabic qui l'accompagne sur scène (Devendra jouant lui-même parfois avec Vetiver). En 2004, il est l'auteur d'une compilation regroupant des groupes amis du même courant musical aux États-Unis : Golden Apples of The Sun. En 2005, il offre une chanson à l'UNICEF à l'occasion d'un disque de bienfaisance Do They Know It's Hallowe'en?. En septembre 2006, sa chanson I Feel Just Like A Child, tirée de l'album Cripple Crow sert de bande son à une publicité en France.

Souvent comparé à Nick Drake, Daniel Johnston ou Syd Barrett, sa musique tend à l'épure. Simple guitare et instrumentation minimale suffisent à mettre en valeur sa voix hors-mode et sa poésie surréaliste naturaliste, et inspirée, à l'image de ses pochettes de disques qu'il dessine lui-même. À partir de l'album Cripple Crow, Devendra montre un épanouissement musical et s'entoure désormais d'un groupe à part entière les Queens Of Sheeba avec lesquels il compose et tourne. Il délaisse le côté folk intimiste qui avait fait le succès de ses premiers albums pour développer une musique riche et communicative.


Discographie


  • The Charles C. Leary (hinah, 2002)
  • Oh Me Oh MyOh Me Oh My... The Way the Day Goes By the Sun Is Setting Dogs Are
  • Dreaming Lovesongs of the Christmas Spirit (Young God, 2002)
  • The Black Babies (Young God, 2003)
  • Rejoicing in the Hands (Young God, 2004)
  • Niño Rojo (Young God, 2004)
  • Cripple Crow (XL Recordings, 2005)
  • Devendra Banhart/Jana Hunter (Troubleman Unlimited, 2005)
  • Smokey Rolls Down Thunder Canyon (XL Recordings, septembre 2007)


Collaborations et compilations


  • Rejoicing In The Hands en duo avec Vashti Bunyan sur la compilation Golden apples of the sun pour Arthur Magazine en 2004.
  • Spiraling avec Antony and the Johnsons sur l'album I Am a Bird Now (2005).
  • Brazilian Sun avec CocoRosie sur l'album Noah's Ark (2005).
  • The Black Swan avec Bert Jansch (2006).
  • Publicité Renault Scenic : I Feel Just Like A Child, de l'album Cripple Crow (2006)
  • Don't Look Back in Anger, reprise de OASIS en duo avec Noah Georgeson sur la compilation Guilt By Association (Engine Room Recordings, 2007)
  • London London (Caetano Veloso) en duo avec Cibelle, de l'album The Shine Of Dried Electric Leaves (2006).
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