“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

jeudi 12 octobre 2017

KURT VILE & COURTNEY BARNETT - Lotta Sea Lice (2017)





O
Spontané, pénétrant, intimiste
Rock

On imagine facilement le duo de Kurt & Courtney écouter cet album, fruit de leur collaboration, en boucle, étonnés d'un résultat aussi addictif. Et même nous, pouvons apprécier, en dépit du fait qu'Over Everything sonne foutraque, la volonté de se ressourcer, de se prendre en main. C'est particulièrement vrai de la façon dont Courtney Barnett, la plus jeune des deux, se conforte, dans ses reprises de Peepin' Tomboy ou de Untogether. Elle avoue être tombée amoureuse (d'une fille) sur la bande son de Smoke Ring For my Halo, de Kurt Vile. La combinaison de vulnérabilité (plutôt Courtney) et de malice (plutôt Kurt), permet à l'album de dépasser les abords nonchalants pour s'infiltrer.

La participation de Nick Turner et Jim White de Dirty Three n'est pas étrangère à la légèreté très réussie de Let It Go. La présence de ces kadors nous fait penser à la stratégie déjà utilisée par les Stones sur Exile on Main Street, auxquels avaient participé des techniciens notoires sur leur instrument, venus étayer les vibrations pressenties pendant l'enregistrement. Leur contribution 
accélère la décontraction de Lotta Sea Lice. Il rappelle que beaucoup de très bons disques rock sont issus de la collaboration de deux songwriters, capables d'exprimer à travers leurs chansons respectives leur singularité profonde. Cette collaboration, parvient à révéler un peu de leur psychisme et ouvre le notre. 

En privilégiant un tempo lent et une humeur un peu morose sur Outta the Woodwork, Kurt Vile se rapproche d'un crooner de type Iggy Pop sur ses plus belles ballades. On a presque l’impression qu'ils explorent de nouvelles configurations pour faire du rock.

On ressent combien il est révélateur pour eux mêmes de chanter leur amitiés, leur perception l'un de l'autre, leurs aspirations mutuelles et combien cela les clarifie entre le début et la fin de l'album. La musique comme alternative aux conversations et regards de connivence.


jeudi 5 octobre 2017

CHARLIE PARR - Dog (2017)



OO
Communicatif, naturel, engagé
Country blues


L'aridité de Charlie Parr n'est qu'une apparence. Ses chansons sont fertiles et profondes, même si elles sont chantées depuis une Duluth, Minnesota, une terre rurale avant tout intérieure. Une distance qui semble temporelle, aussi, l'impression qu'une autre époque presque pantéisme s'invite dans ses chansons sur la quête de chaleur humaine.

Surtout, on entend beaucoup de blues dans sa musique, et même un peu de ce style du Delta de mississippi. Ainsi, quoi qu'il joue, cela semble puissament ancré, même quand la tempête menace, ou que l'inondation fait des ravages.

Accompagné de quatre musiciens, jonglant entre guitare et banjo, il chante l'humanité comme quelqu'un qui a vécu le pire, qui a peut-être été en passe de la perdre. Plutôt ue de se replier, il élargit son expérience, invitant chacun à s'y reconnaître, à participer, provoquant une musique évocatrice car capable de tous nous impliquer. Il joue une musique folklorique et commune, primitive et expérimentale, dérivant comme par définition de notre histoire à tous, ce qui nous le rend très sympathique.

Ici, la musique traditionelle est définie par la confrontation avec l'extérieur. Cette confrontation qui résonne dans les tonalités insondables sur Rich Food and Easy Living. Ou dans le dénuement si réaliste sur Sometimes I'm Alright, tétanisante de justesse., dans un lyrisme laconique proche de Bill Callahan sur le bouleversant A River Ain't Too Much To Love. "The times are hard to tell/fiding light at the bottom of the darkest well". La vérité n'est peut-être pas si palpable, mais la justesse de l'artiste au plus près de son inspiration est aussi claire que la sérénité du monde physique, naturel, celui qui n'a pas besoin de nous, mais que, si nous sommes lucides, nous réclamons en priorité.

Parr est capable d'un entrain communicatif, qu'il plaide la cause animale, ou plus classiquement l'importance d'avoir un endroit ou l'on se sente chez soi, sur Lowdown ou Peacefull Valley, une transe rayonnant du plaisir fou de jouer ensemble, astucieusement placée à la fin de l'album. Ray & Glover, un groupe de Minneapolis, lui sert d'inspiration. I Ain't Dead Yet s'entend comme une reprise d'un de ses héros, peut-être Spider John Koerner, un présage issu des années 60 et qui sonnera juste à chaque fois qu'un homme ressentira le besoin d'un peu de reconnaissance en retour de ses efforts pour s'intégrer, honnêtement, ici bas, plutôt que, sans sincérité, où Dieu voudra. L'urgence de vivre, et d'écouter avec humilité ceux qui nous entourent, va de soi quand on écoute Dog.
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